Voyageries - Sécurité de Salon

Fiesta martiniquaise au pavillon de la France au Salon international tourisme voyages 2005. Source: SITV
Photo: Fiesta martiniquaise au pavillon de la France au Salon international tourisme voyages 2005. Source: SITV

Comme s'ils allaient s'embarquer vers d'autres cieux, les touristes de Salon seront soumis aux mêmes contrôles que ceux en vigueur dans tous les aéroports canadiens. Les représentants de l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien pourront également répondre aux questions sur tout ce qu'ils ont toujours voulu savoir sur la sécurité et... ses agents, sans jamais oser le demander.

Dire que la sécurité dans le transport aérien est sur toutes les lèvres des voyageurs par les temps qui volent serait bel euphémisme. Aussi le thème s'est-il imposé au 18e Salon international tourisme voyages (SITV), qui se tiendra les 28 et 29 octobre prochains à la Place Bonaventure de Montréal. Dès l'entrée, les visiteurs seront accueillis à deux postes de contrôle arrivés tout droit de l'aéroport Montréal-Trudeau pour les sensibiliser à l'importance des mesures mises en place dans le but d'assurer la protection des passagers.

Comme s'ils allaient véritablement s'embarquer vers d'autres cieux, ces touristes de Salon seront donc soumis aux mêmes vérifications que celles en vigueur dans tous les aéroports canadiens, y compris le détecteur de métaux et les questions des agents de sécurité. Ils participeront ainsi à une simulation pendant laquelle les représentants de l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) pourront également répondre à tout ce qu'ils ont toujours voulu savoir sur la sécurité et... ses agents, sans jamais oser le demander.

En partenariat avec l'ACSTA, donc, la messe annuelle de l'industrie touristique incitera les participants à s'informer sur les nouvelles règles instaurées pour contrôler les passagers avant qu'ils ne montent à bord et sur la façon de faire ses bagages sans se prendre pour une valise. «Nous voulons redire aux gens combien les points d'inspection sont une étape nécessaire dans le processus du voyage malgré le temps qu'il faut y consacrer», explique Irène Marcheterre, porte-parole de l'ACSTA, l'agence fédérale créée dans la foulée du 11-Septembre.

Selon le directeur général du Salon international tourisme voyages, Jean Provencher, «nous avons voulu du même coup offrir un accueil original, une ambiance calquée sur la réalité du secteur. Les gens font en quelque sorte un voyage à l'intérieur du Salon et les postes de contrôle installés par l'ACSTA les mettront dans le ton dès leur arrivée.» Selon M. Provencher, cette entente de collaboration avec l'organisme gouvernemental a été conclue bien avant l'entrée en vigueur des nouvelles normes de sécurité qui avaient fait suite à la mise au jour d'un présumé complot terroriste au Royaume-Uni.

La nouvelle donne mondiale

Avec les 30 000 personnes attendues cette année pour franchir les tourniquets de cette escapade virtuelle (il y a eu 27 000 admissions en 2005, selon les organisateurs du SITV), voilà en effet une occasion en or pour l'ACSTA de redorer son blason, elle qui a été quelque peu malmenée par de récentes allégations sur la facilité déconcertante à pénétrer dans les zones interdites de l'aéroport Montréal-Trudeau et l'entrée de drogue au pays.

Car l'ACSTA, peut-on lire dans un communiqué, «assure le contrôle pré-embarquement des passagers et de leurs effets personnels, l'achat, l'installation, l'exploitation et l'entretien des systèmes de détection d'explosifs dans les aéroports, la gestion des ententes contractuelles avec la GRC pour des services de police à bord de vols ciblés ainsi que pour tous les vols à destination de l'aéroport national Reagan, la mise en place d'une carte d'identité pour les zones réglementées, le contrôle des non-passagers qui entrent dans des zones réglementées aux aéroports et la gestion des contributions pour des services supplémentaires de police dans les aéroports».

Vaste programme compte tenu de la nouvelle donne mondiale en matière de sécurité aéroportuaire. Séjournant à l'extérieur du pays, le président et chef de la direction de l'ACSTA et président d'honneur du Salon international tourisme voyages, Jacques Duchesneau, n'a pas pu se libérer pour répondre à nos demandes d'entrevue.

Le Chaînon manquant

Avec 400 exposants provenant d'une centaine de pays représentant tous les continents, de même que la présence d'agences gouvernementales et de services aux voyageurs, le SITV s'est imposé comme le rendez-vous populaire annuel pour planifier, organiser et même réserver ses vacances, ou à tout le moins en rêver! «Bien qu'elle soit difficile à chiffrer, une tendance s'est développée depuis quelques années, remarque Jean Provencher: les achats de voyages qui s'effectuent directement depuis le Salon. Avec le suivi nécessaire, les contacts établis sur place auprès des clientèles se transforment de plus en plus souvent en réservations concrètes.»

Cette année, plutôt que de présenter des spectacles sous la houlette des offices de tourisme et selon leur bon vouloir, la Place d'animation verra défiler des groupes folkloriques représentant diverses cultures du monde en danse, en musique et en chanson. La Société du patrimoine d'expression du Québec (SPEQ) a reçu le mandat d'en coordonner les activités. La Place du cinéma sera pour sa part le théâtre de conférences, d'ateliers et de projections de films.

Les visiteurs du SITV pourront se frotter à l'authentique cuisine mexicaine au restaurant Terraza Acapulco spécialement aménagé pour l'occasion, une première au Québec inspirée des grands salons internationaux du tourisme dans le monde. «C'est un concept que nous voulons implanter de plus en plus», explique Jean Provencher.

À l'animation générale, notre collaborateur au cahier «Samedi» du Devoir, Lio Kiefer, tiendra la barre tout au long du SITV, et particulièrement lors de deux conférences sur le tourisme durable et le tourisme sexuel, prévues le samedi 28 octobre.

Enfin, le Chaînon manquant... d'argent, le Salon international tourisme voyages cuvée 2006 a réservé une section à cet organisme qui appuie les femmes en difficulté dans une démarche de restructuration de leur vie. En faisant un détour «B.A.» par le kiosque du Chaînon, les gens pourront se procurer des articles dont les profits de la vente iront à l'organisation. Pas besoin de se ruer, là, ni de se déchaîner! Suffit d'un petit effort — un souvenir de voyage en moins? — pour servir la bonne cause.

- www.salontourismevoyages.com, www.acsta-catsa.qc.ca.

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dprecourt@ledevoir.com

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