Appuyez fort sur l'accélérateur de l'épargne pour le dernier droit

Je suis un lecteur assidu de vos chroniques hebdomadaires et vous remercie pour la clarté de vos conseils. J'aimerais connaître votre opinion sur le dilemme auquel je suis confronté.

Je suis âgé de bientôt 56 ans et ma conjointe de 51 ans. Je n'ai aucune dette autre qu'une hypothèque de 92 000 $ sur notre résidence principale (valeur estimée: 210 000 $) à 5,85 % jusqu'en août 2007 et avec une période d'amortissement résiduelle de 10 ans, et une seconde hypothèque de 32 000 $ sur notre chalet (valeur estimée: 85 000 $) à 6,54 % jusqu'en septembre 2005 avec une période d'amortissement de neuf ans.

J'aimerais pouvoir avoir la possibilité de prendre ma retraite à l'âge de 60 ans. D'ici là mes revenus d'emploi seront d'environ 100 000 $ par an en moyenne, et ceux de ma conjointe seront de 65 000 $. À partir de 60 ans, j'aurai droit à une rente de retraite de 25 000 $ de la part de mon fonds de pension du secteur public, en plus de la possibilité de la rente du RRQ. Ma conjointe, travaillant également dans le secteur public, aura droit à une rente d'environ 36 000 $ à 60 ans.

Je possède un REER autogéré, qui a pas mal fondu au cours des trois dernières années, dont la valeur sur le marché est d'environ 150 000 $. Les REER de ma conjointe sont actuellement de 15 000 $. Mes contributions non faites au REER ces dernières années s'élèvent à 16 000 $ et celles de ma conjointe à 18 000 $. Nous n'avons aucun placement hors REER.

Pour quelle stratégie dois-je opter pour atteindre l'objectif d'accumuler suffisamment d'économies d'ici quatre ans pour être en mesure de prendre ma retraite à 60 ans? À cet égard, mon courtier en valeurs mobilières me suggère prioritairement de rembourser de façon accélérée l'hypothèque sur notre résidence principale (ce que je pourrais facilement faire en doublant le montant des paiements que j'effectue aux deux semaines), alors que le conseiller financier de la caisse populaire avec laquelle je fais affaire me propose de contribuer d'abord au REER et de rembourser ensuite l'hypothèque avec le retour d'impôts. L'an passé, j'ai contribué au REER à hauteur de 5000 $, contribution qui a fondu comme le reste de mon portefeuille. Alors quoi faire?

Je vous remercie à l'avance pour vos conseils éclairés.

D. L.

Avec un revenu familial annuel de 165 000 $, vous êtes en mesure d'appuyer fort sur l'accélérateur de l'épargne, du moins pour les quatre prochaines années. Vous et votre épouse êtes capables de mettre de côté au moins 20 % de votre revenu familial chaque année durant cette période. Au bas mot, vous épargnerez bon an mal an près de 32 000 $ (montant qui devrait être ajusté à l'inflation annuelle).

Épargne que vous dirigerez en priorité dans vos REER pour la première année et demie. Le but: cotiser pleinement à vos régimes, c'est-à-dire y verser la cotisation annuelle permise ainsi que les droits de cotisations accumulés (au total, ils sont de 34 000 $). Les économies d'impôt (ce sont en réalité des reports d'impôt) résultant de ces cotisations devront être appliquées au remboursement du solde de vos deux hypothèques. Donc, sur ce plan, votre conseiller financier de la caisse populaire à raison de vous suggérer de cotiser d'abord au REER pour ensuite appliquer les reports d'impôt au remboursement des hypothèques.

Le hic: une fois le rattrapage fait sur le plan des droits de cotisation accumulés, vos cotisations annuelles respectives au REER seront limitées par votre facteur d'équivalence probablement assez élevé puisque que vous participez chacun à un régime de retraite riche qu'est celui de la fonction publique.

Certes, vous continuerez alors à cotiser le maximum permis à vos REER respectifs. Votre épargne annuelle excédera cependant largement vos cotisations permises. Cet excédent, vous verrez à l'appliquer entièrement au remboursement de vos hypothèques de même que l'économie d'impôt résultant des cotisations au REER. Là-dessus je rejoins votre courtier en valeurs mobilières. Votre priorité doit être de rembourser la totalité de vos dettes avant de prendre votre retraite. Chose que vous aurez essentiellement effectuée dans quatre ans selon mes calculs. En mon sens, il est primordial d'avoir à sa retraite un bilan vierge de toute dette.

Surtout que dans votre cas, une part importante de votre avoir est constituée de la valeur actuelle de vos rentes, ce qui élimine la nécessité de vous construire un portefeuille de titres capables de générer des revenus réguliers de placement.

Dans quatre ans, j'estime que votre avoir net totalisera près de 718 000 $ après impôt (ce qui est plus que suffisant pour prétendre à une retraite confortable) dont 242 000 $ proviendra de la valeur actuelle de vos deux rentes. Le solde de vos REER atteindra à ce moment-là près de 227 000 $ (valeur après impôt de 159 000 $ environ) et celle de vos deux propriétés (valeur aussi importante dans votre avoir) de 317 000 $ (la valeur de la résidence principale étant nette d'impôt).

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