Les rachats d'actions enrichissent les actionnaires

Monsieur Chiasson, lorsqu'une entreprise rachète des actions, quels sont les impacts pour les détenteurs d'actions et pour l'entreprise? J'aimerais comprendre ce qui se produit lorsque l'entreprise pose un tel geste. Merci de vos précieuses explications.

P. L.

Vous faites ici allusion aux programmes de rachat systématique d'actions qu'instaurent certaines grandes sociétés.

Il arrive en effet que certaines entreprises déposent une demande auprès de la Commission des valeurs mobilières d'une province pour obtenir l'autorisation d'acheter sur le marché boursier secondaire ses actions pour simplement les annuler. Ces programmes de rachat d'actions ont une durée d'un an. Au bout du terme d'un an, si l'entreprise désire reconduire le programme pour encoreun an, elle doit une fois de plus en faire la demande auprès des autorités provinciales concernées.

L'instauration d'un tel programme et, surtout, son application (car certaines entreprises instaurent le programme uniquement pour leurrer l'investisseur alors qu'elles n'ont pas vraiment l'intention d'effectuer lesdits achats; en effet, les entreprises ne sont pas obligées d'effectuer les rachats même une fois le programme officiellement instauré) favorisent l'actionnaire à plus d'un égard.

En rachetant ses actions pour les annuler, l'entreprise réduit le nombre d'actions en circulation. Premier impact: l'effet de rareté. Moins d'actions en circulation signifie offre moindre. Cette offre amoindrie tend à supporter le cours de l'action si la demande, elle, demeure la même.

En réduisant son nombre d'actions en circulation, l'entreprise renforce par ailleurs tous ses ratios financiers établis par action. C'est ainsi que les ventes par action augmentent. Idem pour le profit net par action ainsi que pour les fonds autogénérés par action.

Prenez l'exemple récent de BCE, notre plus important conglomérat de télécommunications au pays. À la suite de la conversion en société de fiducie de toutes ses activités de télécommunications avec fil (pour former le fonds de revenus Bell Aliant), BCE a procédé à un rachat massif de ses actions pour des fins d'annulation. Son nombre d'actions en circulation est passé de 921 millions à la fin du premier trimestre 2006 à seulement 815 millions à la fin du second trimestre.

Première résultante de ce nombre réduit d'actions en circulation: diminution non négligeable du dividende total à verser. Auparavant, le conglomérat versait 1,32 $ l'action alors que 926 millions d'actions étaient en circulation, portant ainsi le versement global à 1,215 milliard de dollars (1,32 $ X 926 M). Désormais, le montant à verser, bien que toujours de 1,32 $ l'action, ne totalisera plus que 1,077 milliard de dollars pour l'ensemble des actionnaires, le nombre d'actions en circulation n'étant plus que de 815 millions. L'économie annuelle de 139 millions $ viendra grossir les fonds autogénérés libres de l'entreprise. Conséquence: la compagnie dispose de plus de liquidités pour hausser éventuellement son dividende.

Autre effet bénéfique: amélioration de tous les ratios de rentabilité par action. C'est ainsi que les ventes annuelles potentielles, de 21,21 $ l'action auparavant, passent maintenant à 23,79 $ l'action. Les fonds autogénérés, qui étaient de 5,30 $ l'action, passent maintenant à près de 6,09 $ l'action.

Or, le cours de l'action est généralement établi en fonction de ces ratios par action. Si ces ratios sont plus élevés, le cours devrait éventuellement l'être.

Autre effet bénéfique: le nombre d'actionnaires qui tend à fléchir. Ayant moins d'actionnaires, il y a forcément moins de vendeurs potentiels, surtout que les actionnaires restants sont souvent les plus fidèles à l'entreprise. Cela contribue à accroître l'effet de rareté.

Un étudiant de ma classe Internet a rendu récemment assez bien à sa façon l'impact de tels programmes de rachat en disant: «Ce que je comprends, c'est que les actions qui restent représentent chacune une plus grande part de la valeur de l'entreprise. Donc leur valeur intrinsèque augmente.

Par ailleurs, si l'entreprise verse un dividende, celui-ci est réparti entre un moins grand nombre d'actions, donc le montant du dividende par action tend à augmenter.»

Combien faut-il épargner ?

Bonjour,

Nous lisons attentivement vos chroniques, et chaque fois nous apprenons beaucoup. Merci.

Dans une récente chronique, vous recommandez à votre lecteur d'épargner de 12 à 15 % du revenu familial net, mais lors du calcul sur le salaire du M. Yves en question, vous calculez 12 à 15 % de 48 000 $, qui selon sa lettre doit être son salaire brut. Est-ce que vous l'avez fait seulement afin de faire un exemple, ou est-ce que 48 000 $ est son salaire net ? Ou encore, faut-il calculer 12 à 15 % du salaire brut?

Merci de préciser.

T. D.

C'est bien le revenu brut familial annuel dont il faut tenir compte pour établir l'épargne requise. Pour prétendre à une retraite aisée, il faut épargner entre 12 % et 15 % de son revenu brut familial annuel. Ce taux présume que les reports d'impôt résultant des cotisations au RÉER sont investis et non dépensés.

Plus tôt vous enclenchez ce processus d'épargne dans votre vie, plus fortes sont les probabilités de pouvoir prétendre à une retraite aisée à 55 ans, voire avant. Il importe aussi de maintenir le cap. C'est-à-dire épargner ledit pourcentage de votre revenu brut systématiquement année après année jusqu'à la retraite.

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca

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1 commentaire
  • Michel F - Abonné 2 octobre 2006 00 h 42

    Conséquences fiscales du rachat

    Vous n'avez pas parlé des conséquences fiscales pour ceux qui se font racheter leurs actions. Gain en capital ou dividende présumé ? La différence entre le prix de rachat et le capital versé sera un dividende présumé.