Saga des festivals de films - Le Comité du 30e FFM interpelle la SODEC

Le rapport du Comité de révision des festivals de films montréalais, enfanté par la SODEC et livré dans ses grandes lignes la semaine dernière, n'a pas fini de faire des vagues.

Hier, c'était au tour des membres du Comité du 30e anniversaire du Festival des films du monde, présidé par Rock Demers, de s'indigner dans une lettre adressée au président de la SODEC, Jean-Guy Chaput.

Ils craignent de trouver dans les recommandations dudit rapport un nouveau prétexte pour retarder l'aide dont a besoin le FFM pour sa 30e édition. Celle-ci, qui s'est terminée début septembre, n'avait pas reçu l'appui des institutions. Le délégué de la SODEC indiquait d'ailleurs la semaine dernière au Devoir que si le FFM recevait une subvention pour 2007, elle ne saurait être rétroactive.

Or le Comité du 30e FFM dit espérer une aide de l'ordre de 850 000 $ pour l'édition passée, quand le rapport prévoit instaurer à l'avenir un plafond d'aide de

350 000 $ pour toute manifestation cinématographique. Une recommandation contre laquelle proteste le Comité du 30e FFM haut et fort.

Autre sujet de litige: cette date unique de dépôt des demandes en mai, bien tardive pour un festival comme le FFM, qui débute en août.

«Ces suggestions sont à leur face même ridicules et inconvenantes, estiment les membres du Comité du 30e. Elles représentent une approche administrative qui ne tient compte ni des besoins réels des directions des festivals, ni des dépenses inhérentes à de grands festivals de cinéma comme les Montréalais les souhaitent. Elles sont faites sur mesure par des fonctionnaires pour des fonctionnaires qui habitent la certitude de leurs fonctions.»

À leur avis, si ces deux recommandations étaient retenues, cela pourrait être interprété comme une nouvelle tentative déguisée de charcuter le FFM. «Non seulement le FFM, par son envergure internationale, doit disposer de bien davantage que ces 350 000 $, mais en plus, le montant de l'aide de la SODEC doit lui être confirmé au plus tard en janvier précédant l'événement. En mai, tout est déjà en marche. Il y aurait encore beaucoup à dire des recommandations du Comité, et c'est ce que nous comptons faire en temps et lieu», concluent-ils.

Rappelons que le CNCT (Conseil national du cinéma et de la production télévisuelle), auquel le rapport de révision d'aide aux événements cinématographiques fut soumis, a réclamé une consultation du milieu du cinéma. Ses conclusions ne sont donc pas définitives.

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