Saveurs: Rêves épicuriens et lumière sur la ville

La nuit pâlissait pour devenir jour et mon rêve s'estompait sans que je puisse le rattraper. Je me souvenais à peine de cette montée tumultueuse au Ballon d'Alsace et des rues pavées de Strasbourg que surplombaient de hautes maisons à colombages et quelques nids de cigognes juchés entre cheminées et antennes de télévision.

Mon souvenir de cette région, qui embaume dès le petit matin le kouglof à la crème tiède, réchauffe nos hivers de vin chaud parfumé à la cannelle.

Je me rappelle les marchés de Noël et cette rivière riche en grenouilles dont Heberlin nous régale depuis toujours, sans oublier le Crocodile d'Émile et les restaurants de tous les autres chefs étoilés de cette région épicurienne.

En fait, je ne savais pas que l'Alsace est la région la plus étoilée de France; les Alsaciens, en effet, sont fort discrets.

Le retour des vins d'Alsace

Il existe en France un chauvinisme égaré dont on ne fait fi mais qui, au demeurant, n'a rien à voir avec l'ego ou avec le foot. Il s'agit d'un chauvinisme vineux qui, je l'avoue, tend à disparaître avec la nouvelle génération mais qui, dans certaines régions, demeure encore bien réel.

Je parle de cette connaissance empreinte de patriotisme à l'égard de sa région viticole. En clair, cela signifie que bon nombre de Français connaissent les vins de leur région. Point final.

S'il n'est de bon bec que de Paris, il y a de bons vins partout, y compris ailleurs dans le monde. Et vlan!

Les vins d'Alsace, longtemps réservés comme le sont les gens de l'est de la France, ont prouvé au fil du temps qu'ils figurent toujours parmi les meilleurs vins blancs du monde. Émile Jung, propriétaire du magnifique Crocodile de Strasbourg et parrain du septième festival Montréal en lumière, les connaît, étant lui-même un des meilleurs sommeliers de France.

À Montréal, les odeurs de kouglof étaient devenues celles des croissants et du café fumant de chacun de mes matins. Le froid cinglant m'avait rapidement sorti de mes pensées alsaciennes pour me transporter dans ma réalité quotidienne.

Ayant en ma possession le guide du festival montréalais, j'ai eu envie de partager mes coups de coeur gourmands et vineux des Plaisirs de la table qui se dérouleront du 16 au 26 février avec l'Alsace comme région vedette. Belles découvertes en vue.

***
- Les 21 et 22 février au Cube. 355, rue McGill, (514) 876-2823.

Alexis Albrecht est le chef invité par Éric Gonzalez. Chef de talent qui a fait ses preuves chez les frères Pourcel et Émile Jung, il marie avec grande maîtrise le classique et les produits nouveaux. Il sera très intéressant de découvrir les deux compères en cuisine.
- Du 20 au 25 février à La Chronique. 99, avenue Laurier Ouest, (514) 271-3095.

Chaque année, Marc de Canck nous réserve des surprises. Cette fois-ci, il propose des ateliers de cuisine et des dégustations avec la grande maison Pfaffenheim et avec Bernard Nast, son sommelier. Surtout, ne manquez pas Sébastien Buecher qui, avec Marc en cuisine, élaborera un menu à sept services.
- Les 21 et 22 février chez Europea. 1227, rue de la Montagne, (514) 398-9229.

La belle équipe des pros du restaurant Europea s'associe à Franck Mischler qui, en étoilé Michelin, propose une cuisine alsacienne revisitée. De plus, Jean-Noël Bousquet, du Château Grand Moulin Corbières, commentera ses vins sur la cuisine de Patrice et Jérôme les 16 et 17 février ainsi que les midis du 20 au 24 février.
- Du 16 au 23 février au restaurant de l'ITHQ. 3535, rue Saint-Denis, (514) 282-5162.

L'Institut d'hôtellerie reçoit un des meilleurs pâtissiers du monde, Antoine Hepp (MOF), et le très grand chef Patrice Caillault qui saura en étonner plus d'un avec ses créations aux saveurs maritimes.
- Le 22 février au restaurant Chez l'Épicier. 311, rue Saint-Paul Est, (514) 878-2232.

À son habitude, Laurent Godbout ne fait rien de façon ordinaire. Cette fois-ci, avec ses amis Todd Humphries, Paul Kahan, Marc Orfaly, Michael Schlow et Todd Stein, il prouve que la grande cuisine peut aussi être américaine. À ne pas manquer, Bill Easton et ses vins uniques.
- Du 16 au 23 février chez Alexandre et fils. 1454, rue Peel, (514) 288-5105.

Si, comme moi, vous aimez la choucroute, vous ne serez pas déçu par ce que vous propose Alexandre, c'est-à-dire la meilleure choucroute en ville, cuisinée au champagne. Tous les midis et tous les soirs, le chef Ferreira s'associe pour l'occasion au chef Ludovic Perraudin.
- Le 19 février au restaurant Les Chèvres. 1201, avenue Van Horne, (514) 270-1119.

Yvan Lebrun est certainement le meilleur chef de Québec alors que Stelio Perombelon est un des meilleurs à Montréal. Ils nous proposent un menu en six services tout à fait unique. Dès 18h, venez déguster le meilleur des accords.
- Les 23 et 24 février au restaurant Brunoise. 3807, rue Saint-André, (514) 523- 3885.

La Colombie-Britannique est bien représentée avec Andrey Durbach, qui s'associe à son compère montréalais Michel Ross pour vous proposer une cuisine inventive sur des nuances de vins d'Alsace. Offert en huit services, ce menu est rempli de surprises s'inspirant du Parkside de Vancouver.
- Le 20 février au XO, le restaurant de l'hôtel Saint James. 355, rue Saint-Jacques, (514) 841-5000.

Venez vous détendre tout en dégustant des vins d'Alsace pendant les cinq à sept du 16 au 26 février. De plus, les chefs du XO proposent un menu en huit services sur le thème de l'Alsace lors de la soirée du Domaine Schlumberger. Ce menu sera commenté par les meilleurs sommeliers du Québec.
- Du 20 au 24 février au Prato Pizzéria et Café. 3891, boulevard Saint-Laurent, (514) 285-1616.

Rosa Simonian propose ses midis gourmands où on sert des pâtes et des pizzas cuites au four à bois accompagnées de vins au verre.
- Du 20 au 24 février au restaurant Tasca. 172, rue Duluth Est, (514) 987-1530.

Un voyage en Algarve avec Franclim Gomes et Fernando Rodrigues qui, les midis, proposent les classiques calmars grillés mais aussi les sardines et les plats mijotés comme le porc et le chorizo grillé.
- Les 16, 17, 18, 23 et 24 février chez Pullman. 3424, avenue du Parc, (514) 288-7779.

Ce très bon bar à vins propose des choix de vins au verre et des tapas comme on a l'habitude d'en servir dans ce charmant endroit. Le 25 février, n'oubliez pas le vin chaud servi avec des marrons, le tout avec Seppi Landmann, un des plus grands connaisseurs des vins d'Alsace et ambassadeur de la région.
- Les 17 et 18 ainsi que les 21 et 22 février au Beaver Club du Fairmont Le Reine Elizabeth. 900, boul. René-Lévesque Ouest, (514) 525-5990, poste 4232.

Avec le grand manitou Émile Jung, participez à la fête des sens et au grand professionnalisme de cet étoilé de renom. L'équipe du Beaver Club et son chef Alain Pignard vous prépareront un véritable feu d'artifice de saveurs lors de ces dîners du président.

Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l'entendre tous les samedis matin à l'émission de Joël Le Bigot, Samedi et rien d'autre, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

NOUVELLE INFOLETTRE

« Le Courrier des idées »

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.