De l'utilité d'un héritage

Tout d'abord, permettez-moi de vous féliciter pour votre rubrique dans Le Devoir et pour les conseils ou avis que l'on peut y trouver.

C'est à présent à mon tour d'être confrontée à une situation requérant l'avis d'un professionnel.

Âgée de 35 ans, je suis propriétaire d'un condo acheté il y a cinq ans pour 115 000 $. Aujourd'hui, je me retrouve dans la situation suivante: mes placements REER s'élèvent à 35 000 $; le solde de mon hypothèque est de 45 000 $, avec des versements mensuels de 800 $, celle-ci sera remboursée, à ce rythme, dans neuf ans; mon salaire brut est de 65 000 $.

Je viens d'hériter d'environ 50 000 $. Avec cette somme, je suis tentée de rembourser la totalité de mon hypothèque (qui doit être renouvelée dans un mois). Ce faisant, je pourrais ensuite contribuer de manière plus importante à mon REER, en y consacrant mensuellement la somme que je réservais pour mon hypothèque (800 $). Est-ce la bonne option ou serait-il préférable d'utiliser plutôt mon héritage pour mes REER, mon maximum déductible pour 2005 étant de 28 000 $. Je pourrais donc envisager d'allouer 28 000 $ à mon REER. Il me resterait alors 22 000 $ provenant de l'héritage, ainsi qu'un retour d'impôt de 8000 $ en raison de ma contribution au REER, soit un total de 30 000 $ que je pourrais utiliser pour diminuer sensiblement mon hypothèque.

Merci beaucoup de votre aide.

Une lectrice

Ici, l'avenue optimale consiste à faire travailler l'argent du gouvernement pour vous, au plus tôt. Cet argent du gouvernement provient des reports d'impôt résultant de votre cotisation permise — de 28 000 $ dans votre cas — au REER. Ces reports, vous les estimez à 8000 $ si vous cotisez pleinement à votre REER pour 2005. Donc, la voie à suivre en premier lieu est d'allouer 28 000 $ de votre héritage de 50 000 $ au REER (à titre de cotisation) et de récupérer lesdits reports d'impôt.

Ensuite, vous appliquerez la somme restante de votre héritage, soit 22 000 $, ainsi que le report estimé de 8000 $ à la réduction du solde de votre hypothèque, qui passera alors de 45 000 $ à seulement 15 000 $. Selon cette option, la somme globale investie (car rembourser une hypothèque dont les intérêts ne sont pas déductibles équivaut à un investissement) travaillant à votre enrichissement s'élève à 58 000 $, soit votre héritage de 50 000 $ grossi du report d'impôt de 8000 $.

Dans l'autre option, celle consistant à appliquer l'essentiel de l'héritage au remboursement de l'hypothèque, la somme investie travaillant pour vous serait moindre. C'est-à-dire qu'une fois le solde de 45 000 $ de votre hypothèque remboursé, il ne vous resterait que 5000 $ de votre héritage pour verser au REER à titre de cotisation 2005. Le report d'impôt en résultant serait beaucoup moindre que dans la première option, soit près de 1428 $ au lieu de 8000 $. La somme globale investie travaillant à votre enrichissement s'élèverait alors à 51 428 $ contre 58 000 $ avec la première option.

Les coûts cachés d'un doctorat

Bonjour M. Chiasson,

Je m'appelle Julie, j'ai 29 ans et je suis étudiante au doctorat en psychologie industrielle. Je prévois terminer le programme dans deux ans avec une dette d'environ 60 000 $, soit 33 000 $ en prêts du gouvernement et 27 000 $ en marge de crédit étudiante accordée par Desjardins. J'aimerais connaître votre avis, car ça m'inquiète un peu. Avec un salaire initial d'environ 50 000 $ et une dette de 60 000 $ alors que j'aurai 32 ans sans un traître sou de côté, aurai-je suffisamment de temps pour amasser un pécule raisonnable pour mes vieux jours?

Merci de me répondre.

Julie

Une lectrice fidèle du Devoir

Vous découvrez là le coût caché associé aux longues études. Le fait de poursuivre de telles études retarde sensiblement votre entrée sur le marché du travail. Or l'un des principes dans l'atteinte d'un objectif de richesse donné est de commencer tôt dans sa vie à épargner de manière à pouvoir saisir ses premières belles occasions de placement durant la vingtaine ou la jeune trentaine. Ces placements ainsi que votre épargne annuelle auraient alors suffisamment de temps pour faire jouer en votre faveur l'effet à long terme des rendements composés, effet qui permet de prétendre à une retraite aisée vers l'âge de 55 ans.

Malheureusement, en vous inscrivant au doctorat, vous brisez cette merveilleuse dynamique de l'enrichissement. Non seulement aurez-vous passablement retardé votre entrée dans le monde du travail, mais vous vous retrouverez de surcroît, à 32 ans, avec une dette de 60 000 $ sans aucun autre actif.

Évidemment, vous espérez combler ce retard en monnayant le mieux possible vos connaissances acquises. C'est ce que parviennent à faire les médecins, alors que leurs revenus peuvent rapidement passer au-dessus de 100 000 $ par année. J'ose espérer qu'il en sera ainsi pour vous dans votre domaine. Car votre salaire initial de 50 000 $ est loin de compenser les coûts associés au retard accusé dans votre processus d'enrichissement.

En optant pour le doctorat, vous avez décidé de miser sur des connaissances hors pair en vue de réaliser des revenus supérieurs. Il faudra qu'il en soit ainsi. Soit que, après quelques années de travail, vous parveniez à dénicher un employeur offrant un salaire beaucoup plus élevé, soit que vous parveniez à lancer votre propre entreprise de consultation dont les revenus potentiels seront aussi beaucoup plus élevés que votre salaire initial.

Par ailleurs, une fois vos dettes d'étude remboursées, question d'accélérer votre processus d'enrichissement, vous devriez certainement considérer l'achat d'un ou de plusieurs petits immeubles à revenus. L'immeuble permet de recourir à l'endettement et à son effet de levier sans courir trop de risques. Vous pourriez même penser à l'achat d'un triplex ou d'un quadruplex bien situé dont une partie pourrait abriter les bureaux de votre firme de consultation si jamais vous décidiez de vous lancer en affaires.

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca

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