Florence: faut faire le ménage

Photo: Wikipedia

Avec 15 millions de visiteurs par année, Florence commencer à crouler sous la masse. Un musée par ci, deux statues par là, Florence essaie de réviser ses entrées.

 

Venise qu’on dit asphyxiée par le nombre de touristes (20 millions par année) a su pendant l’été gérer le problème. Sens giratoire dans la vallée piétonne et numérisation des gondoles. C’est plein à craquer, mais on ne craque pas.
 

À Florence, la foule se masse et les queues sont sans pitié pour les quidams qui sont un tantinet pressés.
 

La capitale de la Toscane des puissants Médicis cache des trésors artistiques de la Renaissance derrière la barrière de ses palais fortifiés ou de ses églises, où joue l'éclatante lumière locale.
 

Ici, on fait de la photo, sans encombre, si ce n’est les passants qui veulent prendre la même photo que vous. 
 

La ville n’a jamais manqué de personnalités, surtout à cette période clé de l’histoire de la Toscane. Peu d’endroits au monde peuvent s’enorgueillir en effet d’avoir engendré autant d'artistes : Giotto, Michel-Ange, Botticelli, Dante, Machiavel...
 

Le but n’est évidemment pas de bouter les hordes de vacanciers hors de la cité, mais de mobiliser les énergies pour en réguler le trafic et l’harmoniser avec les capacités réelles de la ville.
 

Règle 1  : d’abord grignoter sur les franges de la saison fatale, en privilégiant les premières lueurs du printemps ou les derniers éclats de l’automne pour éviter le tsunami touristique.

Règle numéro 2 : se résoudre à arpenter la ville avec une stratégie d’évitement. En contournant, par exemple autant que possible, le célèbre Ponte Vecchio, hélas transformé en temple du kitsch dédié à la joaillerie et perpétuellement encombré de badauds.
 

Mais une fois franchi le fleuve, on se retrouve dans l’Oltarno. On est à côté du palais Pitti et des quartiers San Nicolo et Santo Spirito.
 

En remontant tout droit, on arrive devant la basilique Santa Croce, où Dante, Galilée, Machiavel, Michel-Ange et Rossini (parmi d’autres) sont enterrés et qui regorge d’œuvres de Cimabue, Giotto, Bronzino, Brunelleschi (parmi d’autres). C’est ça Florence : une surabondance qui donne ce vertige qui fit s’évanouir Stendhal, forgeant le syndrome du même nom.
 

Pour finir en beauté, on ira au Marché San Lorenzo pour s’empiffrer une barquettte de tripes pimentées ou un bol de soupe bouillie et rebouillie, la ribollita.
 

Ce sont peut-être les seuls endroits qui résistent à l’invasion touristique.