La Scandinavie moins cher

Une rue du centre-ville de Stavanger, dans le sud-ouest de la Norvège.
Photo: Nina Larson Une rue du centre-ville de Stavanger, dans le sud-ouest de la Norvège.
La Scandinavie dans son ensemble est réputée pour avoir un niveau de vie élevé, des services au-dessus de tout soupçon, des routes en excellent état, une bibliothèque dans chaque village et des télévisions du plus grand ennui… Tout cela est vrai.

Par contre, comme tout est au-dessus des standards mondiaux, c’est cher.

Ayant vécu dans une autre vie comme assistant en français dans le Nord de la Suède et guide touristique dans le sud de la Norvège, le poulet de grain, le steak (même d’élan) les fraises, le beurre et le lait étaient déjà à un niveau de haut vertige monétaire. Seules  l’aquavit, la vodka et la bière étaient à un niveau presque acceptable. Pour vous faire une idée, des amies québécoises étaient venues me rejoindre dans le nord de la Suède, l’été, à Östersund. Elles ont travaillé à ramasser des fraises le matin, pendant un mois. À 15$ de l’heure, elles ont payé le reste de leur voyage. L’une d’elles a fait une allergie aux fraises et l’autre a connu un matador viking. Les deux ont dû aller à la clinique.

Pendant ce temps, j’avais des congés payés comme prof qui atteignaient les 45 $ de l’heure.

Plus tard, en Norvège, mon titre de guide touristique  pour ingénieurs en goguette sur les pipes lines avoisinait les 60$ de l’heure… sans les pourboires. Il y a 25 ans.

Chaque année, le très sérieux Economist donne une liste de l’index du Big Mac dans le monde, histoire de donner le niveau de dépenses générales par pays.

Le Big Mac en Norvège est à 6,79 US $. En Suède, à 5,91. Au Danemark, à 5,37. Dans le même temps, celui du Canada se transige à 4,63….

Comment fait-on pour essayer d’y aller afin que cela nous coûte pas la peau des skinkorna (fesses en suédois)?

Tous les hôtels en Suède, Norvège, Finlande, Danemark sont le plus souvent trop chers (200$ et plus). Pendant l’été, une alternative: les logements étudiants dans les universités, collèges et écoles secondaires.

Autre alternative, le logement chez l’habitant, à des prix qui peuvent varier de 75 à 150$, tous pays confondus.

Vous pouvez choisir les plus petits sur les routes de campagnes avec le signe Zimmer apposé sur la maison ou dans une fenêtre. Pour les plus grandes villes, ce sont les bureaux de tourisme qui se posent en partenaires farouches, ces derniers imposant des frais de réservations allant jusqu’à 25 dollars par réservation.

Autre alternative, celle du camping. Si on peut bien sûr planter sa tente, la particularité scandinave est d’offrir des chalets et saunas. En bord de lac et de montagnes, en Suède et en Finlande. En bord de mer au Danemark. Et en bord de mer et de montagne en Norvège. Des chalets très simples, avec l’essentiel à l’intérieur. Ne pas s’attendre à des literies de grande inspiration décoratives. Ce n’est pas du Ikea, mais on est loin de Roche Bobois.

Les lapons dans toute la Laponie scandinave ont compris depuis longtemps que leurs coutumes, leurs costumes et leur bouffe étaient des appâts. Qui dit appât dit prix à la hausse. Que cela soit au plan de l’hébergement (en hôtel, en tente, en igloo) du voyage de pêche, de guidage dans la forêt, les prix sont en fonction de la difficulté. Plus vous allez mâcher du renne, vous prendre de l’oie séchée chaque midi, dormir sur de l’épinette, acheter un pull-over pure laine du coin, taillé et tricoté par la mamie du coin…. plus vous allez souffrir un peu, plus cela va être cher. Organisé, ou pas organisé….

Un conseil, abordez les villages et observez. Pour dormir, dressez votre propre tente. Pour l’oie, une fois suffit, comme le rêne. Apprenez à pêcher… Pour le pull de la Mamie, y a les mêmes à Stockholm, Oslo et Helsinki à 30% moins cher.



 
2 commentaires
  • Paul Sven - Inscrit 10 mars 2014 20 h 13

    En réalité,

    que ce soit en Suède, au Danmark, en Islande ou en Norvège, ce sont les services qui sont dispendieux pour le visiteur (hôtels, restaurants). Sans être riches, nous y passons l'été depuis quelques années, il suffit de louer un appartement (à peu près au même prix que l'on louera le sien ici) et de faire son marché. À l'épicerie, les prix sont relativement les mêmes que chez nous et je dirais même que les produits frais sont moins chers. Les prix des services s'expliquent par les salaires beaucoup plus élevés pour ceux et celles qui font les "petits métiers" -- ce qui me semble une bonne chose. Une précision, à latitude égale, les prix sont beaucoup plus élevés au Canada (Stockholm est à la même hauteur que la baie d'Ungava, et nous ne sommes là encore que dans le "sud" de la Scandinavie).
    Tout ceci pour vous dire de ne pas vous priver : la Scandinavie est un monde ensorcelant, que beaucoup pensesnt, à tort, semblable au notre. En fait, oublions le climat, nous sommes beaucoup plus semblables à l'europe du sud qu'à celle du nord.

  • Monique Rondeau - Abonnée 11 mars 2014 03 h 29

    Voyage d'étudiante

    Je reviens tout juste de trois semaines passées en Scandinavie (Suède, Finlande, un saut en Estonie, Laponie, Suède de Lulea à Kiruna, Norvège du nord au sud en passant par les inoubliables Lofoten, encore Suède, Danemark, puis retour à Paris par Amsterdam et Bruxelles), sur un budget d'étudiante. Seule avec mon sac à dos, je me déplaçais avec une passe de train Interrail. Je m'en suis tirée pour pas cher du tout, sans trop me priver, mais en acceptant un brin de rusticité. Mon secret? Les auberges de jeunesse en basse saison, qui offrent parfois alors leurs meilleures chambres pour le prix du dortoir, pour peu qu'on négocie un peu. Attention, quand même, en Laponie, j'ai pu me heurter à des portes closes: un vieux monsieur avait oublié d'écrire sur son site internet que son auberge était fermée pour l'hiver... Plus sûr qu'on le croit, le site Couchsurfing m'a permis de faire connaissance avec des habitants du coin fort sympathiques et de loger gratuitement plus de la moitié du temps. Enfin, avec une passe, les trains de nuit permettent de passer une nuit à peu de frais et de se réveiller dans une nouvelle ville (ou un nouveau hameau perdu).
    En évitant les restaurants et les bars de train hors de prix pour faire l'épicerie comme les gens normaux, on économise énormément et on devient accro aux Salmiakki, aux rouleaux à la cannelle et au fromage brun norvégien. Si on peut se passer des excursions organisées, des guides et des attrape-touristes («venez admirer les aurores boréales depuis ce point de vue secret et inaccessible par cette nuit nuageuse, seulement 250€ par personne!»), les attractions des pays scandinaves sont en fait pratiquement gratuites: des villes portuaires magnifiques où flâner (Ålesund en Norvège est à craquer!), et une nature magnifique et accessible, avec des sentiers de randonnée et de ski partout et pour tous les goûts, certains sauvages, d'autres bien aménagés et éclairés le soir. Pas de raison de se ruiner.