Safaris – Quand l'humain est un jeu

Photo: Source: Radio-Canada
Quand ce sont des humains qui font figure de mannequins de la jungle ou de poupées des grandes sierras, la logique ne tient plus.

C’est peut-être parce que Mandela s’est éteint hier que me vient cette réflexion.

Il y a quelques années, en Afrique du Sud, différents animaux dans le parc Kruger m’avaient fait sourire.

Ils attendaient les jeeps, les 4x4 et autres minibus pour être sur la photo. Les guides aussi.

Dans le même temps, je me baladais dans l’état de Chihuahua au Mexique pour y connaître les Indiens Taharumara.

Ces derniers connaissaient par cœur les horaires des autobus emplis d’Américaines qui, le Canon à la main, surveillaient le moindre geste des femmes à l’osier et aux draperies colorées. Les femmes yankees avaient de grosses provisions, récupérées peut-être de l’Halloween.

Une d’entre elles était obsédée par la maternité. Ce qu’elle voulait c’est une maman qui donnait le sein à son enfant, Taharumara. Cela valait trois bonbons incertains, trois gommes qui gonflent et une dizaine de gaufrettes. Quand le sein fut découvert, les friandises furent encore plus nombreuses.

En Inde, dans l’île d’Andaman, on vient d’interdire un chemin forestier de la tribu des Jarawa. Une tribu de chasseurs-cueilleurs qui n’ont des contacts pacifiques avec le monde extérieur que depuis 1998. Au nombre de 365, les Jarawa sont très faiblement immunisés contre de nouvelles maladies et pourraient être décimés par une épidémie.

Les touristes traitent les Jarawa comme des animaux dans un parc à safari, leur lançant biscuits et sucreries. Plusieurs enfants jarawa ont été accidentés par des véhicules en se jetant sur les cadeaux des touristes. Un touriste a relaté ainsi son expédition: «La visite de la réserve s’est déroulée comme un safari, comme si nous étions en plein cœur d’une dense forêt tropicale à la recherche d’animaux sauvages, des Jarawa en l’occurrence.»

On commence à interdire. Ce n’est pas trop tôt.

Je me demande comment on fera quand des milliers de cars nippons s’arrêteront devant les piscines lavalloises, le Kodak à la main et des bouts de viande dans l’autre main.

Mandela parlait des humains et pas des animaux. Et si le contraire existait?

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