Parlons chiffres

Photo: Jacques Grenier - Le Devoir

Chaque année, nous sommes inondés de chiffres qui recensent le nombre de touristes visitant un pays. Il y a beaucoup d'exagération là-dedans. Explications.

Prenons la France. Je suis tombé sur un site qui stipule que la France reste la première destination touristique mondiale, avec 2,57 visiteurs étrangers chaque seconde, soit plus de 81 millions de touristes étrangers en 2012.

Vers 2020, la France estime retirer 49 milliards d'euros du tourisme contre 45 en 2012. Pour les recettes touristiques, la France n'est que la troisième après les États-Unis et l'Espagne avec 54,5 milliards $ de recettes.

Va pour l’argent qui rentre dans les caisses.

Mais pour le nombre de touristes, on mêle tout.

Depuis que je vous écris, on aurait du recenser 1003 touristes en France. Or, peut-être que ces touristes ne font que passer.

Un monsieur en transit, s’arrêtant à Paris, mais s'en allant à Vienne, est comptabilisé.

Il y a par exemple une frange de la clientèle qui s’arrête à Paris, visite Disney, un peu de Montmartre et repart pour Madrid pour deux semaines. Comptabilisée.

Il y a aussi les touristes d’origine française, qui passent la frontière avec un passeport canadien. Ce n’est pas un touriste, mais un «cousin».

J’ai pris l’exemple de la France, mais ceci est valable pour tous les pays. Je prends par exemple le Maroc, l’Égypte, l’Allemagne, l’Italie, le Portugal. Les touristes font partie de la famille… Et ce n’est pas une manne touristique en soi. C’est le cas d’Haïti ou d’Israël, où les diasporas sont très fortes. Ils renforcent les chiffres des dividendes, mais au nombre des vrais visiteurs pour une période d’au moins une semaine reste dans le flou.

Je me rappelle m’être arrêté à Séoul, pendant 5 heures, pour repartir en Chine. J’ai été comptabilisé. C’est vrai que j’ai bu quatres cafés et mangé un sandwich sans goût.

Même chose à la douane de Rome. Mais là j'ai demandé à ne pas être comptabilisé. Je repartais sur Francfort. Les douaniers n'ont pas aimé et cela m’a coûté deux heures à la douane et raté mes correspondances. Alors c’est vrai, je suis resté une nuit à Rome et dépensé pour acheter une pizza, du vin et de la grappa et une chambre d'hôtel.

Il y a des jours où on doit être pris pour un touriste et fermer sa trappe.

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