Carnavals: les dernières thérapies de groupe

Photo: Lio Kiefer

Venise, Rio, Québec… Les carnavals se déroulent avec des milliers de pèlerins de la fête.

En dehors des plaisirs et des gouailles excessives, les carnavals dans le monde restent les derniers refuges des thérapies de groupes.

Que cela soit à Rio, où les pauvretés se déguisent en richesses édulcorées, où à Québec, où tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, le carnaval rassemble.

Quant à Venise, ce sont des groupes déguisés en Casanova ou similis qui mènent la danse. J’ai eu la chance à voir le Carnaval de Venise sous une petite neige. À la tombée de la nuit, c’étaient des silhouettes qui arpentaient les canaux. Seuls les chats et les pigeons jouaient franc-jeu. Des ombres qui avaient toutes une identité, mais qui le cachaient sous des masques et costumes fignolés. On retrouvait les costumes les plus pointus au Café Florian, devant un expresso à 15$, j’avais un Casanova de Hambourg qui distribuait ses grâces et un groupe, de lierre vêtu, qui fredonnait des poèmes d’un rossignol du XVe siècle

Pendant un carnaval, tout est faux.. Mais tout est vrai. Il faut se reconnaître et reconnaître les autres.

À Venise, on se souhaite chaque année quelques millimètres de neige pour que des centaines de Casanova sans âge et des milliers de marquises fleuries, défraîchies ou rafraîchies puissent glisser sur une fine poudreuse. Dans l’humidité de la ville, à travers les ponts qui se succèdent, les ombres et les silhouettes dans la nuit sont autant de personnages animés du même souci. Y jouer son rôle jusqu’au bout.

De l’hôtel au Florian, des bals de la place Saint-Marc à une fête intime dans un des hôtels particuliers de la «Sérénissime», chaque masque de Carnaval a sa sensibilité, son histoire, sa névrose. On y déguise même certains pitous.

Pourtant, Venise y détient un record. Celui des suicides étrangers reliés à une rupture amoureuse. Généralement, les individus choisissent une chambre d’hôtel assez confortable orientée vers la lagune et écrivent l’ultime lettre, avec en post-scriptum, une ligne dédiée à la beauté de la ville et à ses symboles.

La mort et la vie, symbole des carnavals.

À Rion, on oscille du nombril. À Québec, la neige devient une amie. À Venise, on voudrait être, mais on n’a pas l’air du tout (Brel).

Ce sont des batailles des sens pour groupes à identités variables. Des thérapies de groupes non contrôlées, là où la vérité est toujours au bout de la fête.

On vit une époque formidable!
1 commentaire
  • Jérémie Poupart Montpetit - Abonné 14 février 2013 13 h 46

    intéressant, mais...

    toujours amusant ces petits billets, Mr. Kiefer, mais faites un petit peu attention aux erreurs de frappe, ça gâche un peu le plaisir de la lecture.

    (P.S: ce n'Est pas une critique virulente, mais un simple petit commentaire, car outre ces petites calamités, le reste est à croquer)