Air France passe en mode séduction

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Las de se faire grappiller des parts de marchés en Europe par des compagnies à rabais que sont Easy Jet et Ryanair, la compagnie hexagonale ouvre la boîte à outils de séduction, avec des prix cassés et des options payantes.
 
C’est avec un tarif de 49 euros (63 $CAN) l’aller qu’Air France attaque. Soit 20 euros de moins que l’Offre classique sur des vols de court et de moyen-courrier. Cinquante-huit destinations en France, en Europe et en Afrique du Nord à partir de Paris (Orly), Nice, Marseille et Toulouse. Cela s’appelle l’offre «Mini».
 
Les billets ne seront pas modifiables, le bagage en soute sera payant (15 euros sur Internet, 30 euros à l’aéroport) et le passager ne pourra pas gagner des miles du programme de fidélisation « Flying blue ». Pour plus de souplesse, un voyageur pourra combiner un aller avec l’offre « mini » et un retour avec l’offre classique.
 
Et on ne pourra pas réserver son siège en ligne.
 
«Mini» pour le prix, mais pour se démarquer des compagnies à bas coûts, Air France continuera de proposer gratuitement une collation à bord et des journaux.
 
Nouveau pôle

Pour consolider l’offre, Air France présentera fin janvier son nouveau pôle régional français issu de la fusion des compagnies Britair, Régional et Airlinair.
 
Cette offre se situe dans le contexte de la restructuration du Groupe Air France-KLM, dont les pertes concernent les vols court et moyen courriers.
 
Seul hic pour les voyageurs qui arrivent à Roissy et qui veulent se munir d’une Mini, c’est le transfert jusqu’à Orly.
 
Concrètement, cela donne des billets à partir de 49 euros, taxes incluses, en direction de Berlin, Prague ou Montpellier. Quelques dessertes extracommunautaires aussi bénéficieront de ces tarifs « Mini », comme un Marseille-Marrakech à partir de 79 euros ou des vols pour Moscou et Tel-Aviv à partir de 139 euros. Depardieu et Bardot vont être ravis.
 
Contrepartie de ces ristournes sur 10 % des sièges d’un même vol, certains tarifs éco Classic seront plus chers que le traditionnel tarif Economy.
 
Entre Classic et Mini… mais on mangera ! À partir du 6 février.
 
Les réactions d’Easy Jet et Ryanair ? « Low cost as usual. »
 

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1 commentaire
  • Jean-Pierre Martel - Inscrit 9 janvier 2013 08 h 57

    L'éthique commerciale douteuse d'Air France

    Du 29 septembre au 7 octobre 2005, à l’occasion d’une grève des bagagistes de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, des milliers de voyageurs qui transitaient par Paris sur les ailes d’Air France arrivèrent à leur destination finale respective, un peu partout à travers le monde, privés de tout bagage. On estime qu’environ 100,000 bagages avaient ainsi été retenus à Paris au cours de cette grève d’une dizaine de jours.

    Malheureusement, la direction d’Air France avait malicieusement choisi de cacher l’existence de cet arrêt de travail et ses conséquences aux dizaines de milliers de ses clients qui en seraient victimes.

    Cette compagnie aérienne avait pourtant les adresses civique et électronique de chacun de ses passagers. Personne n’a tenté de prévenir les clients de peur de provoquer des annulations. Les préposés qui s’occupaient d’attribuer les sièges, les agents de bord et tous les autres employés de cette compagnie avaient pour directive expresse de taire l’existence de ce conflit à la clientèle.

    En contravention flagrante de la Convention de Varsovie, Air France niait sa responsabilité et ne proposait aux clients lésés qu’un programme de remboursement d’achats d’articles de première nécessité (brosse à dent, pâte dentifrice, etc.) représentant pour elle des déboursés de quelques euros par personne. J’ai dû déposer une plainte devant le Tribunal ses petites créances afin qu’Air France assume finalement ses responsabilités.

    Bref, à cette occasion, Air France s’est comportée de manière très discutable. Je me suis promis de ne plus jamais recourir aux services de cette compagnie, dont les pratiques commerciales laissent grandement à désirer.

    Après avoir leurré et lésé des dizaines de milliers de personnes (en somme, après avoir sapé sa propre clientèle), Air France recueille aujourd'hui ce qu’elle a semé : un déclin de sa part du marché. Elle l’a bien mérité.

    Référence : <a href="http://jpmartel.com/divers/AirFrance.htm"> France, voyou corporatif<