L'érable comme parfum de promotion

Photo: Source Galimard

La Commission canadienne de tourisme (CCT) essaie depuis des années de trouver des idées de promotion pour inscrire le Canada parmi les attractions mondiales de notre planète touristique. Dernière idée: le parfum d’érable….

Le parfum Attire-Moi, de la maison du parfumeur Galimard, en France, est le dernier outil de promotion de la CCT. Un parfum d’érable.

Une idée surgie de la tête de Chantale Roux, codirectrice du parfumeur, après une visite, l’année dernière, à la cabane à sucre Sucrerie de Rigaud, propriété de Pierre Faucher, véritable marathonien du sirop à travers le monde. C’est certainement l’homme que j’ai vu le plus souvent dans les avions, avec l’ancien maire de Montréal, Pierre Bourque. Des Jeux olympiques de Lillehammer aux salons de tourisme, l’homme nappe de son sirop ses crêpes, la ceinture fléchée et le look coureur des bois.

La Sucrerie de Rigaud, selon la CCT, est une cabane à sucre canadienne authentique, située en plein cœur d’une érablière d’une cinquantaine d’hectares, à l’ouest de Montréal. La seule authenticité que je lui reconnais est de recevoir tous les illustres mandatés par les officines de tourisme. On note aussi que la sucrerie est membre de la Collection d’expériences distinctives au Canada. En se penchant sur la liste des membres, on note que 74 attractions se trouvent dans l’Ouest, 27 en Ontario, et 19 au Québec. On voit la tendance géographique distincte.

Pour expliquer l’idée de ce parfum Attire-Moi, Chantale Roux affirmait, au sujet de sa visite à Rigaud, que cette dernière a ravivé ses souvenirs d’enfance et sa représentation d’antan de ce qu’était le Canada avec ses érablières et l’odeur de l’érable. Manquaient plus que les caribous sur la 40 et on avait le droit à deux parfums…

Sous le titre «le Canada enivre la France» lors de la présence du CCT au dernier TOP Résa de Paris, avec parfum d’érable du Québec à l’appui, on sent qu’on a du flair.

Le must pour un touriste serait de se parfumer à l’érable en allant aux sucres, tout en évitant les mouffettes authentiques qui ont horreur des orgies buccales.


3 commentaires
  • Emmanuel JALLU - Inscrit 17 octobre 2012 13 h 34

    Je vous écris de France. J'ai une petite idée pour favoriser la diffusion du parfum au sirop d'érable. Il faudrait en créer un autre plus masculin à l'odeur...bacon ou pancake et là, c'est le coup marketing assuré et plus besoin de sites de rencontre ni d'agences matrimoniales.....à méditer chez les parfumeurs. Mais abandonnez la piste de l'eau de toilette Caribou!!!

  • Yves Côté - Abonné 21 octobre 2012 05 h 41

    Il n'y a pas de hasard...

    Il n'y a pas de hasard dans le choix de la Sucrerie de Rigaud par le CCT.
    Pour y avoir trimballé des centaines de touristes français, belges, hollandais et allemands, j'ai pu apprécier de nombreuses fois l'aspect "fully canadian" de celle-ci. De même que la détestation ouverte de son propriétaire pour tout ce qui peut ressembler à une perception québécoise de la culture, plutôt que celle "canadian" qu'il y met de l'avant.
    Chacun ses choix...
    L'idée même d'un parfum au sirop d'érable illustre parfaitement selon moi l'incapacité canadienne, ou plus prosaïquement le refus canadien, de comprendre ne serait-ce qu'un début de commencement de ce que nous, Québécois, nous sommes en réalité.
    D'ailleurs, le commentaire de Monsieur Jallu illustre justement la distance qui sépare le folklorisme de la perception canadienne, de la réalité des traditions du Québec. A preuve que les Français ne sont pas tous dupes des entourloupettes des communicateurs fédéralistes et que plusieurs font la différence entre les traditions québécoises véritables et l'emballage "canadian" qu'Ottawa s'efforce depuis 1995 de donner à celles-ci pour en récupérer le sens...
    Moi, petit Québécois, quand je pense à la cabane à sucre, pour me rappeler celles de mon enfance et de ma parenté, c'est bien plus à celles-là des Basses-Laurentides, de la Rive-Sud ou de l'Ile d'Orléans que je pense. Plus modestes, plus familiales et à taille bien plus humaine que celle imposante de Rigaud.
    Ceci-dit, cela sans pour autant mépriser le génie commercial de Pierre Faucher. Puisque réussite, il a sans conteste vraiment atteint en cette matière.

    Vive le Québec libre !

  • Emmanuel JALLU - Inscrit 23 octobre 2012 05 h 25

    Sans volonté aucune d'ingérence, et en réaction aux propos de M. Côté que j'avoue partager, il est certain que de ce bord-ci de l'atlantique, dans l'esprit de bon nombre de mes concitoyens et surtout le mien, il demeure une claire distinction entre d'une part, l'approche commerciale, souvent réductrice à l'instar de toute démarche de cette nature, de la culture québécoise et d'autre part, la réalité historique bien plus passionnante des traditions forgées par nos ancêtres communs qui ont eu le courage et la force de construire votre société que nous prenons et citons ici en exemple. Mais là, je déborde du sujet.
    Quoiqu'il en soit, la commercialisation d'un parfum à l'érable "ne laisse pas de bois" et n'entame en rien la fierté dont vous pouvez vous prévaloir d'être québécois mais aussi canadien.