Rousseau aurait-il voté Sarkozy ou Hollande

Jean-Jacques Rousseau<br />
Photo: Lio Kiefer Jean-Jacques Rousseau

En suivant les pas de Jean-Jacques Rousseau dans la région Rhône Alpes, une semaine après les élections françaises, j’ai posé souvent la question. Pour qui aurait voté Rousseau, s’il avait vécu en 2012?

Une chose est sûre, il marchait et aimait les plantes, la musique, l’écriture. Je me rappelle de plusieurs écrits parcourus lors de mon adolescence; Émile, le Contrat social, les Rêveries du promeneur solitaire, et sous la torture, les Confessions.

J’ai d’ailleurs importé dans ma bibliothèque au Québec, la brique des Confessions et les cinq volumes des Essais de Montaigne, que mon grand-père, secrétaire général du Livre, à tendance CGT et un peu communiste, m’avait offert pour mes aspirations littéraires, à 13 ans. Les deux m’avaient ennuyé profondément et pourtant profondément marqué.

Car, on m’avait appris à l’école (merci Mr Lozac’h) que l’homme qui allait inspirer des révolutionnaires et donner des idées de nouvelle société à un paquet de faiseurs de nouvelle ère, était tout de même un être très marqué par la vie.

Né à Genève d’un père coureur de corsets et d’une mère plutôt digne qui décéda prématurément, il se fit autodidacte très jeune en France, chez une Madame de Warrens, qui se trouvait facilement des commanditaires dans la noblesse, pour faciliter ses nuits thématiques. Celle qui devint sa maîtresse et qu’il appelait jour et nuit Maman.
Plus tard, c’est avec une dame dont il n’était pas spécialement amoureux qu’il fit 4 enfants.

Il aimait aussi les jeunes enfants de tous sexes et vouait une certaine admiration à ses mécènes qu’il combattait par la plume. Rousseau était devenu pour moi un librettiste en tout genre qui portait des guillemets, des sous-entendus et des interlignes en guise d’habits quotidiens.

Et c’est ainsi qu’on peut parcourir dans les environs de Lyon, la villa des Charmettes, collé à Chambéry, qu’il a fréquenté quelques fois, en soupesant le pour et le contre d’une graminée et en observant les papillons. Je dis fréquenter, puisque Jean-Jacques passa seulement trois étés dans la bicoque en pierre avec jardins attenants et vue sur les rondeurs des verdures environnantes.

Jean-Jacques, c’est pour référence à Chantal Geroges, une des guides de l’office de tourisme, ancien prof d’anglais et qui a pris Jean Jacques sous son aile. Une sorte de Madame de Warrens des temps modernes, beaucoup moins gironde.



Ce vidéo se regarde à l’horizontale, car la guide vous met les nerfs à l’horizontale. Elle explique la petite histoire de la Grande Histoire; un monument surréaliste, mais plein d’enseignements. Et l’accent de cet ancien prof d’anglais donne à songer à ce qu’elle a servi à ses élèves. Pour elle, Rousseau aurait voté Sarkozy… Attendez!

Pour comprendre ce que la Révolution fût dans cette région, il faut absolument visiter le musée de la Révolution, sis à Vizille, dans le château. Jusqu’au début juin, il y a une exposition consacrée à Rousseau, où l’on apprend que les portraits et sculptures du philosophe ont été réalisés après sa mort. C’est Houdon (connu aussi pour son Voltaire) appelé de toute urgence quand le grand homme voyait sa fin, qui accourut à son chevet, et lui colla un masque sur la face, pour immortaliser le rictus kafkaïen. Ensuite, toutes les déclinaisons de ce qu’on connaît (perruqué ou en version romaine) viennent de ce masque.

Tout le reste du musée, d’une structure qui mélange le médiéval et l’acier est une introduction incontournable à la Révolution française de cette région.

En sortant, le parc impose la sérénité, avec des cygnes, des jets d’eau et des sculptures qui en perdu un bout. Tout au fond, des cerfs et des daims essaient de réciter le Contrat social.

Dans le coin, il y a la visite de Grenoble, là où de nombreux artistes ont pris résidence pour flairer du Rousseau dans la ville et la montagne.

Un tout nouvel Hôtel : Le Grand Hôtel, qui est un ancien hôtel éponyme, remis au goût du jour, par une famille de joailliers à Grenoble, en Normandie et dans le sud-ouest de la France, qui ont ouvert il y a quelques mois. De très belles chambres avec une couleur prédominante, le blanc. Grandes salles de bain, wi-fi, toilettes séparées, et des sièges que Le Corbusier n’aurait pas reniées. Un service au-dessus de tout soupçon avec certes, des maladresses dues aux débutants comme celles de dire bonjour à chaque fois qu’on fait un mètre dans le couloir ou avec le veilleur de nuit qui est en smoking argent, mais qui ne sait pas comment prendre un message (code) lorsque cela clignote sur mon téléphone.

On oublie cela très vite, avec un personnel qui dans son ensemble, parle au moins 10 langues et un buffet de petit déjeuner qui ne lésine pas avec la qualité. Évitez les chambres qui jouxtent l’ascenseur.

Pour se restaurer, le resto le Père Gras, qui a deux avantages, celui d’avoir une vue très prenable des toits grenoblois et des montagnes environnantes, après montée en téléphérique. Et le foie gras, les morilles et autres objets de jouissance gustative, qui figurent au menu.

À Chambéry, un tour le midi au resto le Bistrot est une halte recommandée pour de gros appétits gourmands dans une ambiance de bistro un peu surannée. Clientèle d’habitués qui ne supporte pas le verbe haut, et un service qui est courtois, sans plus.   http://www.restaurant-lebistrot.com/

Et la question initiale. Pour qui aurait voté Rousseau. Certainement pour Hollande. Selon un sondage IPSO, réalisé par le magazine Philosophie Magazine, et qui révèle que Rousseau serait plus près de Hollande. Et que Sarkozy serait plus près de Hobbes.
Pour les détails du sondage IPSOS.

Et que les Français préfèrent Rousseau à Hobbes.

Revenu au Québec, j’ai demandé à une amie ce qu’elle pensait de Rousseau et des élections françaises. Elle me répondit candidement que Stéphane ne pouvait s’impliquer à l’étranger… On vit une époque formidable!
1 commentaire
  • Jean-Michel de l'Épée - Inscrit 23 mai 2012 08 h 40

    Sarkozy ou Hollande?

    Ni l'un, ni l'autre;

    Tous deux sont adeptes du néo-libéralisme! Rousseau aurait fondé son propre parti ou aurait voté pour celui qui était le plus susceptible de changer la donne: M. Philippe Poutou l'anticapitaliste, Jean-Luc Mélenchon, ou, au pire, Marine Le Pen.