Haïti - La Côte des Arcadins est prête…

Dessine-moi un mouton
Photo: Lio Kiefer - Le Devoir Dessine-moi un mouton

Depuis une semaine, je sillonne Haïti, à la recherche de lieux de tourisme de base acceptables, hors du commun, ciblés, mais surtout prêts à recevoir aujourd’hui des touristes qui ne soient pas nécessairement des kamikazes de la jungle caribéenne.

Eh bien! Le résultat est là! La Côte des Arcadins est accessible facilement de Port-au-Prince et jouit de quelques identités hôtelières qui n’ont rien à envier aux mêmes identités dans les Antilles françaises.
 

La Route N1, qui va de l’aéroport de Port-au-Prince à cette côte, est la meilleure de l’île. C'est une construction datant de l’ère duvaliériste, qui, dans sa mégalomanie archaïque, avait même baptisé le village de Cabaret, Duvallierville. Aujourd’hui, le village a retrouvé son nom et le marché de Cabaret est un joli petit endroit.
 

Ensuite, c’est une enfilade de 6 hôtels sur une cinquantaine de kilomètres avec pieds dans l’eau qui sont offerts. Pour la plupart, ce sont de petites structures familiales.


Pour ceux et celles qui veulent voguer ad lib, l’île de Gonâve est à une portée de chaloupe motorisée ou de voile bien équilibrée.
 

On est sur cette côte, adossée aux hauteurs environnantes, avec la Grande bleue droit devant …

 

HÔTELS

Ouanga Bay. Petite structure de quelque trente chambres aménagées avec simplicité et harmonie avec vue sur jardin tropical et sur petite plage. Club de plongée qui sert de repaires d’hommes et femme-grenouilles pour toute la région. Cuisine créole et accueil au millimètre. Wifi gratuit Pour toute demande de renseignements, leur écrire ici.
 

Wahoo Bay Beach Resort. Il est Allemand et elle est Brésilienne et tiennent cet hôtel d‘une trentaine de chambres depuis de nombreuses années. Excellente cuisine, si j’en juge la langouste grillée, les desserts et les mises en bouche qu’étaient accras, ceviche de crevettes et de poisson. Ambiance jeune autour du bar. Très jolies chambres avec des lits doubles et une déco très dépouillée. Deux suites et un appartement font partie de l’ensemble. Plages qui s’étendent en long à droite long et c’est une chance, car juste à côté à gauche se trouve la plage publique. Et qui dit publique dit bruyante. Wifi disponible.

 

Kaliko. C’est un ancien tout inclus qui a déjà fait les pages de Tours Mont-Royal, d’Exosol et de Tours Chanteclerc, au Québec, jusqu'aux années 90. Et on sent un peu le club usé par les années, dans le profil de la piscine et des aménagements balnéaires. Une simplicité involontaire qui propose des bungalows avec chambres communicantes pour familles. Et un édifice qui distille des chambres simples dans leur décor, mais doubles dans leur structure, avec vue sur la mer. Plage de cailloux plats… de l’autre côté de la plage publique. Cuisine créole et internationale.  

 

Club Indigo. L’ancien Club Med. Avant de décrire l’hôtel, on doit se rappeler un détail. Quand le Club Med jetait son dévolu sur un lieu, c’était très souvent pour une plage. Et le Club Indigo a hérité de la plage et des structures de chambres qui n’étaient pas la force du Club Med. Ce dernier est ouvert à nouveau depuis quelques années. Les personnes qui travaillaient au Club précédemment se sont donc toutes retrouvées ici. Comme si la fermeture n’avait pas existé. On refait les chambres une par une. Et on a gardé une approche de la bouffe par buffets hautement garnis et divers. Appartements disponibles et chambres qui s’étalent autour de l’ensemble. Jeux pour enfants, piscine de grande taille. Fait important ; les mariages et cérémonie ne sont pas au milieu des  touristes, mais dans un pavillon à part. Wifi disponible. Bonne carte des vins.

Le Club Indigo se place également sur un tourisme durable et équitable, permettant aux cultivateurs du coin, de revendre leurs productions maraîchères au Club.

Pour connaître un quidam qui peut être guide dans les environs et qui connaît tout le monde, demandez Bayard, un grand gaillard sans âge qui est très hétéro (le nom ne peut s’inventer)  

 

Moulin-sur-Mer. En pénétrant à l’intérieur des lieux, on se dit que les Jardins ont été d’abord tracés à la main et ensuite plantés. Une qualité de jardin hôtelier qui est très rare dans les Caraïbes. Pas si loin de la vérité, puisque le lieu a tout d’abord été la maison de plage de la famille Montbrun. Si sur le site d’une ancienne habitation sucrière du XVIIIe siècle. De maison de plage à bungalows de plage…

Et des structures de charmes d’un étage se sont vues ajoutées au fur et à mesure des années. Un peu plus d’une soixantaine de chambres avec lits doubles, lit King et suites. Excellente cuisine sous forme de buffet ou à la carte dans 3 restos différents. Petite plage de sable granuleux. Wifi disponible. Quand j’évoquais le dessin, c’était le crayon de Gérard Fombrun, paternel de la famille et architecte de renom. Plus de 30 ans à remettre sur pied l’habitation sucrière et d’en faire le Musée Ogier Fombrun (lire plus bas). Lors de ma visite, j’ai fait connaissance avec des oies hautaines, deux singes caractériels, deux tortues amoureuses,  des paons qui ne font pas la roue sur demande et des pigeons bavards. Dans cet immense Jardin, des sculptures de Mireille Fombrun, l’une des filles de l’aïeul. Monsieur Montbrun a toujours eu une prédisposition pour s’entouraient de belles filles. Dominique Casanis, son autre fille s’occupe de la partie hôtelière et de sa mise en marché. Et son épouse, Nicole, qui l’a beaucoup aidé dans ses recherches et travaux, est d’une élégance journalière. Aujourd’hui, Mr Fombrun rêvait.
 

La famille possède également un petit hôtel de bungalows à 3 minutes 24 de l’aéroport de Port-au-Prince. Visa Lodge. Des jardins salvateurs au milieu d’une zone presque industrielle. Agrandissement de l’hôtel à venir.

 

Si vous voulez un lieu d’hébergement atypique, vous pouvez  rejoindre dans les hauteurs le Monastère bénédictin de Morne St Benoît. Le tout inclus de la retraite spirituelle.

 

Un autre hôtel, le Xaragua, avec une soixante de chambres. 

 

 

DES LIEUX À VOIR

La cressonnière qui se trouve au-dessus de Montois. Une route escarpée que l’on peut rejoindre à pied ou a mobylette.
 

Un village qui fait dans le cresson, salade qui est plus populaire que la laitue, la romaine ou autres icebergs. Un jardin d’Eden, car outre les bassins de pierre et d’eau pure que sont les cressonnières, il y a profusion de mangues, goyaves, et autres fruits tropicaux. Les chèvres aperçues seront plus tard du cabri grillé et le cochon encore silencieux ne le sera pas longtemps. Des enfants par dizaines qui ne réclament pas le dollar salvateur, des ados qui saluent le passant, des femmes qui ramassent le cresson, une école avec 2 classes et deux tableaux d’ardoise, des hommes aux champs et un gros amandier… histoire de se calmer les nerfs.

 

Le Musée Colonial Ogier Fombrun; un véritable parcours historique de la riche histoire haïtienne. Des artefacts Taïnos à ceux de l’esclavagisme et du colonialisme, on se promène dans un dédale de meubles, avec de nombreuses références qui expliquent les différents items en montre. Une maquette géante de l’habitation sucrière et les fers qui enserraient les esclaves démontrent les conditions de grandeurs bourgeoises et celles des travailleurs de la canne. La Roue qui faisait tourner l’eau, comme symbole géant de cette époque. La maison qui l’abrite est la maison originale, totalement restaurée, avec salle de conférence à l’appui. On y prévoit des ajouts, une bibliothèque, etc. mireillefombrun@hotmail.com museeOF@moulinsurmer.com

* Dans le registre de la canne à sucre et si vous êtes à Port-au-Prince, un tour du côté Parc historique de la canne à sucre est également un incontournable. En dehors de l’histoire et des salles pour concerts, un restaurant et un détail amusant; les chasse-mouches naturels qui pendent à l’extérieur. De petits sacs d’eau pendus aux poutres extérieures. Quand la mouche s’approche et se regarde, elle se voit énorme et s’enfuit… Un lieu également de spectacles à l’extérieur.
 

Trekking dans les hauteurs et visite de Fort Drouet avec sur la route, les ruines des habitations coloniales. La route est difficile...