Auberge La Barrière: Carole et ses hommes

Photo: Lio Kiefer

On est à Saint-Émélie-de-l'Énergie, sur la route de Saint-Zénon, dans Lanaudière. Une pourvoirie qui s'enfonce dans un territoire de chasse et de pêche. 7 km d'une route sablonneuse. C'était la semaine dernière, aux premières neiges. Carole, la propriétaire, nous attendait... avec ses hommes.

J'avais choisi le chalet n°1. Celui qui est avant le pavillon central, sur la droite. Un chalet qui a la particularité d'être à cheval sur une extrémité, à la pointe d'un lac... Tranquille, avec le vent comme témoin.

Il y en a 11 comme cela sur la pourvoirie. Je veux parler des lacs.

Quant aux chalets, ils sont aux nombre de 9. La majorité avec électricité, comme le 1, et tout le confort attenant: plutôt surprenant dans une pourvoirie.
il y en a deux plus rustiques, sans électricité, avec pompe à eau. Un de ceux-là n'est accessible qu'en bateau, mais n'est ouvert que pour la saison estivale.
Et on retrouve, sur la propriété, une dizaine de maisons appelées suites. Ce sont, en fait, des identités moins rustiques que les chalets, qui vont de 2 à 4 chambres à coucher.

Dans le chalet n°1: l'électricité, l'eau courante, une salle de bains complète avec douche. Un poêle à bois dans le salon, qui jouxte en aire ouverte la cuisine et la salle à manger. Deux chambres fermées, avec pour l'une un lit double, et pour l'autre, un double et deux simples. Dans le salon, le divan peut faire office de couchette supplémentaire. Du rustique, avec vaisselle, poêles et chaudrons, machine à café, grille-pain, cuisinière et frigo. Draps et couvertures fournis pour des matelas confortables (en pourvoirie, c'est presque un luxe). Télé par satellite, et bois de chauffage fourni en bordure de terrasse extérieure couverte, qui donne sur les deux côtés du lac, avec table à pique-nique. Tous les chalets ont les mêmes services décrits.

Ce qui intéressant, c'est que l'Auberge La Barrière est ouverte à l'année.
Je ne suis pas chasseur et mes deux Amazones sont plutôt des chasseuses d'images...
Pour le repos, c'était plutôt créatif.
Pour le téléphone, on peut aller au pavillon central ou avoir un téléphone satellitaire. Pour Internet, j'ai essayé une tour Bell et j'ai réussi à envoyer 2 textes en 1 semaine et à recevoir et envoyer des courriels. Mais il faut être vicieux ou journaleux pour taquiner le Net en pleine nature!

Certes, j'ai fait un trou dans la glace, en contre-bas du chalet, et j'ai lancé une ligne avec bouchon grâce à ma canne française, une gaule télescopique de huit pieds de long en titane mercerisé. Au bout du flotteur, un hameçon intime (16) avec un ver de terre rescapé de l'automne dernier qui rêvassait dans une boîte enfoncée dans mon frigo. Quelle vie, naître ver de terre bien au chaud à Saint-Gabriel-de-Brandon et finir transi dans les eaux de La Barrière, un 23 novembre. 
J'ai laissé traîner Robert (c'était le nom de mon ver) pendant 35 minutes. Pas une touche... J'avais froid au mains... J'ai relâché Robert dans la neige. C'est beau un lombric dans la poudreuse!
Mais de truite, niente.

La semaine passée, il s'en était pêché, avant que les glaces ne s'emparent du rivage.
Dans les eaux environnantes, on trouve de la truite mouchetée, de la truite brune, ainsi que de l'omble chevalier
Et, unique au Québec, la truite Golden Rainbow, une truite à chair rouge. Pour la peau extérieure, c'est comme si une truite brune faisait le Carnaval de Rio.
Prochain rendez-vous avec la truite, la pêche sur glace offerte sur la pourvoirie.

Pour ce qui est de la chasse, l'ours et l'orignal sont les ciblés de saison. La semaine dernière, c'étaient les dernières salves pour les faisans. On fait encore dans le petit gibier... J'ai vu un type qui emmenait sa blonde dans le bois pour lui montrer comment se faire une perdrix. Avec la neige qui était tombée, il avait autant de chance de lever une gelinotte que sa blonde de faire un strip devant un bouleau déplumé... Mais les chasseurs sont toujours un peu rêveurs.

Autres perspectives hivernales: la raquette, le ski de fond sauvage, la pose de collets pour lièvres étourdis. Pistes de 4-roues, de motoneiges. Le sentier Trans-Québec est à une cinquantaine de mètres de l'Auberge La Barrière.

Carole

Si le titre porte le nom de Carole et ses hommes, ce n'est pas par hasard. 
Carole D. Gélinas dirige l'ensemble, un peu comme une mama italienne... Ferme, rigoureuse et douce à la fois... Elle est secondée par son fils, Jean-Michel Gélinas.

Autour d'elle, Pierre, en cuisine, qui se fait un honneur de préparer des menus simples, mais délicieux pour les gens de passage, les employés ou les loueurs de chalets. Il a déjà vécu dans le Grand Nord québécois.

Il y a aussi Patrick, qui est polyvalent... De la coupe de bois au plumage de faisans en passant par toutes les intrigues des sous-bois, et qui a déja connu la vie à La Nouvelle-Orléans.

Et également Alain, qui a exercé 12 000 métiers et qui m'a surtout sauvé de la disgrâce sur glace à deux reprises... Ayant une remorque chargée d'un 4-roues de bonne famille, je jouais, dans une montée glacée, en arrivant à l'auberge, une sorte de Joannie Rochette, mais au volant.
La deuxième fois: au retour, un pneu dégonflé sur la maudite remorque.
Dans les deux cas, Alain fut mon sauveur. Et de plus, c'est lui qui s'occupe de la pêche.
D'autres personnages sont aussi de la famille, mais je ne les ai pas vraiment rencontrés.

Dans ce pavillon central, il y a les connaissances, les curieux, les demandeurs de renseignements, un chasseur de perdrix avec sa blonde, les loueurs de chalets qui viennent pour un café, un repas, une bière, un sourire.

Un p'tit secret tout de même... Si vous voulez voir le logo de l'auberge de très près, demandez à Carole de vous prêter son épaule.

AUBERGE LA BARRIÈRE