Ne touchez pas aux enfants

Photo: Ecpat
Cette démarche pancanadienne regroupe, pour la première fois, des acteurs du secteur privé (Air Canada et Aéroports de Montréal), des organisations gouvernementales (l’Agence des services frontaliers du Canada, le Service de police de la Ville de Montréal et la Sûreté du Québec) et des organisations non gouvernementales (Le Bureau international des droits des enfants, Plan Canada et OneChild, avec le soutien d’UNICEF Canada).

Cette campagne vise à sensibiliser les voyageurs avant leur départ. Les personnes ciblées sont les touristes à destination de l’Amérique latine et des Caraïbes, principales destinations du «tourisme sexuel» canadien – qui l’emportent dorénavant sur l’Asie du Sud-Est pour des raisons de coûts et de proximité


Ceci est le début du communiqué de presse émis par le Bureau international des droits des enfants...

Et c'est plutôt bien qu'il y ait une mesure nationale pour mettre en gras des infos sur ces pratiques qui retirent des bouts de vies aux enfants de la planète. 

Si des compagnies aériennes, comme aujourd'hui Air Canada, Air Transat, West Jet, passent des portions de vidéos explicatives et dénonciatrices sur leurs vols, comme l'ont fait auparavant Air France, KLM, Quantas ou Luffhansa, les passagers du Sud ou d'ailleurs sont encore un peu hermétiques ou allergiques au propos. Car si des voyagistes, comme récemment le Groupe Transat ou des agences de voyages comme précédemment Incursion Voyages, ont signé des ententes avec Beyond Borders, le grand public veut plus en savoir sur les excursions à faire ou sur le magasinage à ne pas manquer, que sur les souffrances d'une ou d'un mineurs dans des sables émouvants.

Cela fait plus de 10 ans que je suis sur le sujet et j'ai dénoncé de nombreuses fois les lieux de notre Sud où les enfants sont sexuellement meurtris par des touristes. Beaucoup croyaient que le Sud-Est asiatique ainsi que quelques bourgades slaves avaient le monopole de ces pratiques... Mais Cuba, la République dominicaine, le Mexique, le Honduras, le Guatemala, le Costa Rica, Panama, la Colombie, Margarita, et la liste n'est pas finie, sont aujourd'hui en bonne posture. Ce ne sont que quelques destinations de notre Sud les plus fréquentées. 

Il y a quelques années, en janvier 2006, j'écrivais un papier dans le magazine Châtelaine qui avait pour titre: Des enfants crient au secours. J'avais commis pour cela  des entrevues avec des voyagistes du Québec, qui programmaient le soleil comme témoin No1 de leurs brochures.
À ma question Pourquoi ne pas donner de l'info sur le tourisme sexuel en regard des enfants dans vos documents de voyages, vos brochures, etc.? les réponses ont toutes été similaires ou presque: tout d'abord, cela concerne surtout la Thaïllande, et ensuite, ce n'est pas à nous de faire l'éducation de nos passagers, ils doivent l'apprendre par eux-mêmes.

Autre exemple qui a du vécu: j'anime depuis plus d'une vingtaine d'années, le Salon international Toursime Voyage de Montréal.
Depuis 7 ans, je programme une conférence que j'intitule Ne touchez pas aux enfants.
Comme chaque année, la salle est comble... au début.
Pendant que j'expose des faits, des femmes se retiennent de pleurer, peut-être de crier... Des ados sont debout pour poser des questions. Et des hommes se lèvent et s'en vont...
On est loin... très loin.

Pour celles et ceux qui croient que je parle à travers mon hat, j'ai malheureusement, ou heureusement, un physique qui me fait connaître dans l'exercice de mes reportages dans le monde, des quidams qui me proposent deux choses: de la dope et des filles de tous âges. Je pourrais écrire un guide mondial des pourvoyeurs de mineures en terres fertiles au tourisme et de livreurs de poudre pour nasaux tous azimuts.
Pour joindre l'abject à la connaissance du terrain, il existe depuis une décennie sur le Net un Top Ten des tarifs de la fellation et plus récemment du cunnilingus. De la grande classe!
Je vous renvoie à l'article de Châtelaine que j'ai écrit sur le sujet et au site d'ECPAT.

À la fin du Petit Prince, Saint-Ex dit aux lecteurs: «Si vous voyez un p'tit bonhomme, s'il vous plaît, dites-moi qu'il est revenu.»
Je suis loin de Saint-Ex, mais si vous êtes n'importe où et que vous voyez un enfant... avec un adulte consentant...
Ne me dites pas qu'il est revenu... Dénoncez-le!


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