Échangistes responsables

Une question de Victor Tremblay, à Montréal - Il existe une quantité importante de sites Internet permettant de voyager en échangeant sa résidence contre une autre dans un pays de son choix, suivant une entente réciproque. 



En me promenant d'un site à l'autre, j'ai l'impression de me retrouver dans une jungle. Avez-vous quelques conseils à donner aux personnes qui voudraient tirer profit de cette formule qui permet de réduire sensiblement les frais de voyage? Par exemple, où trouve-t-on des sites offrant un vaste choix de destinations et que l'on peut consulter sans avoir à payer des frais d'adhésion? Certains types de sites sont-ils à éviter?
Merci pour vos conseils et pour votre intéressante chronique.




C’est vrai que l’échange de maisons ou d’appartements pendant la période de vacances est devenue aujourd’hui une petite industrie.


Chaque année, quelques sites apparaissent pour très peu qui disparaissent. C’est pourtant une pratique bourgeoise qui avait déjà cours dès le XVIIIe siècle, alors que le marquis de Lespinasse trouvait fort intéressant de visiter les terres d’une comtesse toscane tandis que cette dernière profitait en toute sérénité, au même moment, du manoir languedocien du marquis et de ses valets.

La pratique ne s’étendit pas plus à cause des nombreux conflits et des troublions qui entouraient les domaines lorsque ceux-ci n’étaient pas habités par les vrais proprios, ainsi que des conflits contemporains liés à nos époques agitées. Imaginons simplement que des échanges d’appartements se sont faits avec vues sur deux tours, à New York, un certain 11 septembre. Cette façon de voyager a été toutefois reprise après la Seconde Guerre mondiale entre gens bien intentionnés comme les écrivains, les théâtreux ou autres scientifiques. Une pratique qui intéresse avant tout les propriétaires de maisons ou d’appartements sympas, qui dans certains cas représentent le charme secret de la bourgeoisie. Il est très rare de voir sur un site une demande d’échange d’un shack abitibien ou d’un 3 et demi d’une favela carioca.

Les sites qui n’ont pas de frais d’adhésion ne sont ni pires ni meilleurs que ceux qui en ont. Ils retirent simplement des revenus par d’autres moyens, comme des bandeaux publicitaires.
Parmi ceux qui existent depuis longtemps et qui donnent des conseils en fonction d’un protocole d’entente et d’échange entre maisons intéressées à l’autre à travers le monde, on retrouve Homelink. Il faut surveiller sur ces sites les mises à jour et le mois à laquelle elles apparaissent. Ne vous fiez pas aux commentaires des témoignages des sites, ils sont tous dithyrambiques. Lorsqu’un premier contact est intéressé à votre maison, téléphonez-lui (la voix porte conseil) et échangez des photos (vous, votre entourage, votre voisine, chien et chat si inclus dans l’entente). Vérifiez vos assurances voiture, maison, bloquez les appels longue distance sur votre téléphone et rangez votre collection de porcelaine du XVIe siècle (un accident est si vite arrivé).

Si vous êtes un enseignant, il existe un site d’échanges d'appartements et de maisons d’enseignants du monde entier (20 pays représentés). Si vous ne voulez pas passer par un de ces organismes, vous pouvez toujours passer une annonce dans un journal professionnel du pays désiré (médical, pub, coiffure, beauté, retraité) ou via une association du pays choisi qui a la même passion que vous (papillons). Sinon, comme certains, vous construisez votre page Web personnelle avec votre maison, votre environnement et votre envie d’échanger comme témoin.
Voici quelques sites à répertorier:
France-Québec
Échange de maison
Provence Québec
Living Away
Domus2Domus
Troc Maison
Échange de vacances
Entre amis
Nomade
On peut également essayer sur les forums du Routard ou de Lonely Planet.

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