« Gérald-Tremblay », nouveau mot interdit à l’Assemblée nationale

l'ex-maire de Montréal, Gérald Tremblay
Photo: Jacques Nadeau le Devoir l'ex-maire de Montréal, Gérald Tremblay
Ceci n’est pas une blague : le nom de l’ancien maire de Montréal a été classé à l’index ce matin à l’Assemblée nationale. C’est donc officiellement un « propos non parlementaire » enregistré.

François Bonnardel, leader parlementaire de la CAQ, est en partie responsable de cette nouveauté. Il lança, lors de la période de questions : « Ça n’a aucun sens ! Le chef de cabinet du premier ministre était informé. [Or, le premier ministre] veut nous faire croire qu’il a reçu l’information, seulement hier matin, en prenant son petit café ? [Dans] la lettre d’Annie Trudel, c’est écrit noir sur blanc : "C’est un secret de polichinelle que plusieurs membres de la direction du MTQ souhaitent ardemment mon départ." M. le premier ministre, êtes-vous atteint du  syndrome Gérald Tremblay : "Je ne le savais pas"? »

Le terme a heurté le président Jacques Chagnon, qui a d’abord reproché au député de Granby de faire de faux diagnostics : « Vous n’êtes pas ici pour [ça]. On a déjà entendu dire qu’il y avait beaucoup de médecins dans la place. » Puis, il lui a demandé de retirer ses propos en précisant : « Vous êtes capable [de formuler votre question] sans utiliser de termes qui sont blessants. »

Mots et Maux a eu la chance, un peu après, de croiser le président au Parlement et lui a demandé de préciser cette nouvelle exclusive. Il ne s’agissait pas, a insisté M. Chagnon, de transformer en insulte le nom de l’ancien maire (et ancien collègue ; ils ont siégé ensemble sous Bourassa II), mais bien d’interdire l’expression « syndrome Gérald-Tremblay ». Son but : proscrire les intentions blessantes. Il restera donc possible d’évoquer l’ancien maire de Montréal au Salon bleu sans risquer d’être sommé de retirer ses propos. Si ce nom n’est pas précédé de « syndrome ».

Sans blague.
4 commentaires
  • Gaston Deschênes - Abonné 19 mai 2016 21 h 55

    Sans mots

    On dérape, là.

  • Guy Rivest - Abonné 20 mai 2016 06 h 06

    Lapsus

    M. Robitaille,

    Je vous soumets ce lapsus à mon avis aussi drôle que pertinent qu'a échappé il y a quelques semaines une députée de l'opposition à propos des « tribulations » de Sam Hamad : " L'affaire Hamad, c'est la goutte qui a fait déborder LA vase ".

  • Daniel Gagnon - Abonné 20 mai 2016 22 h 30

    Et le syndrome Régis-Labreaume?

    À l'index aussi le syndrome Régis-Labeaume?

    On va finir par en faire des idiomes...

  • Marie Nobert - Abonnée 21 mai 2016 03 h 08

    L'hétérodoxe et l'orthopraxe (!)

    Il a la «mèche courte»... [...] et Pdt de l'Assemblée nationale. M'enfin. Il y a de ces secrets de polichinelle qui resteront secrets. Bref. Le «DSM V» précise que ledit syndrome est transmissible entre «politiques» et certaines autres «instances». Combien de temps encore? (!)

    JHS Baril