Campagne 2014: bilan de Mots et maux

Photo: You Tube
Tout le monde fait son bilan de l'élection 2014. Mots et maux™ n'échappe pas à la règle.
D'abord, sur le front des aptonymes, ce fut une campagne riche. Pensons à François Legault qui s'est auto-aptonymisé pour forger son slogan, «On se donne Legault». De Londres où il s'est réfugié, Jean-Martin Aussant, chef fondateur d'Option nationale, a noté sur Twitter que lui n'aurait jamais pu faire cela : «"On se donne Aussant". C'eût été un peu trash», a-t-il commenté avec raison.

Certains constats s'imposent au lendemain de l'élection. Nous aurions pu croire que Pierre Céré, candidat dans Laurier Dorion, porterait bien son nom. Finalement, ce ne fut pas «Céré» comme résultat: le libéral Gerry Sklavounos l'a emporté avec 6 236 voix de majorité… sur le candidat de Québec solidaire Andrés Fontecilla. M. Céré a terminé troisième.

Cependant, le caquiste Claude Surprenant, qui a battu la candidate vedette du Parti québécois Martine Desjardins dans Groulx, s'est montré à la hauteur de son patronyme. Il a en effet surpris, car peu d'observateurs le voyaient député le 8 avril. Son collègue candidat caquiste dans Maskinongé a toutefois eu moins de succès, malgré un nom pourtant prédestiné: Martin Poisson.

Les spéculations commencent au sujet du premier conseil des ministres du gouvernement Couillard. Après la campagne qui fut marquée par des débats autour d'un certain compte à l'Île Jersey, le nouveau premier ministre osera-t-il nommer ministre des Finances celui qui était jusqu'au 5 mars critique en matière de Finances? Pierre «Paradis». Ce serait surprenant.

Pépinière à lapsus

Pour ce qui est des lapsus lors de cette campagne, la matière abonde. Les meilleurs? Philippe Couillard, le jeudi 27 mars aux Face-à-face à TVA: «Tout le monde est d’accord que les visages doivent être couverts!»

La chef péquiste Pauline Marois en a sorti des belles aussi. Elle a affirmé à plusieurs reprises : «Cette élection n’est pas l’occasion de débattre de l’avenir du Québec.» La politique, n'est-ce pas «le goût de l'avenir», disait Max Weber?

Aux face-à-face de TVA, elle a appelé M. Couillard «M. le référendum». Elle a aussi soutenu au sujet de Nicolas Girard qu'il «a su s'enterrer... euh... s'entourer...». Nous verrons prochainement si le gouvernement Couillard «enterrera» Nicolas Girard.

Son meilleur lapsus, la palme de cette campagne, c'est sans contredit le 21 mars, au Sommet des municipalités, qu'elle l'a produit. Elle a confondu la firme KPMG avec le surnom de son candidat vedette au «poing» tournant:





Des revenants bienvenus

Enfin, le scrutin de lundi comporte certaines mauvaises nouvelles pour Mots et maux™: le candidat de la CAQ dans Trois-Rivières, Diego Brunelle-Diaz, n'a pas été élu. On sentait qu'il aurait pu nous fournir de la belle matière riche, du moins si l'on en juge par une transcription offerte par le collègue reporter Guillaume Bourgault-Côté. Ce dernier notait que M. Brunelle-Diaz avait dû répondre à des allégations selon lesquelles récemment, il avait été impliqué dans une bagarre (dans les estrades) et expulsé d'un match de hockey. La réponse du candidat fut suave:«Par rapport à ça, la bataille, c'était pas moi qui étais impliqué, c'était un ami en tant que tel par rapport à ça. Mais je veux certifier [...] que je n'ai jamais été sorti par rapport à ça, un match de hockey. Personnellement, je vous dis en toute confiance que je n'ai pas été expulsé.»

Heureusement, les nouvelles ne sont pas que mauvaises pour Mots et Maux. Des élus ayant été élevés au rang de catégorie ont été réélus. Guy Leclair, par exemple.

Nous retrouverons aussi avec bonheur les Sam Hamad, Nicole Léger, Yves Bolduc, François Bonnardel et Jean-Marc Fournier, etc.

Certains retours nous enchantent. Le libéral Michel Matte, défait en 2012, a repris son siège de Portneuf. Espérons qu'il sera encore appelé à commenter les affaires autochtones!

En campagne, il nous a prouvé qu'il en avait encore «dedans». Les péquistes ont leurs «caribous». Michel Matte, lui, a révélé pendant la campagne qu'il faisait partie des «chevreuils» libéraux : «Personnellement, je voulais que la commission Charbonneau soit le plus rapidement en opération. Je souhaitais que la commission Charbonneau débute le plus tôt possible. […] On m’appelle le chevreuil donc j’aime ça quand ça avance rapidement.»

Futur ministre de la faune?
6 commentaires
  • Bernard Courteau - Abonné 10 avril 2014 16 h 19

    La forme et le fond

    Le lapsus de madame Marois «Cette èlection n'est pas l'occasion de débattre de l'avenir du Québec » m'a inspiré le commentaire suivant.

    La campagne électorale que nous venons de vivre a montré de façon claire l’inefficacité de la stratégie du Parti Québécois consistant à séparer la prise du pouvoir du combat pour l’indépendance. Les adversaires ont bien exploité cette stratégie dans laquelle s’est enfermé le PQ depuis 1973.

    Depuis ce temps, pour les adversaires, toutes les élections ont porté sur l’agenda caché du PQ qui cachait son objectif de lancer un référendum sur l’avenir du Québec ; elles ont toujours porté sur la forme, jamais sur le fond.

    Pour les adversaires, c’était la stratégie parfaite : combattre en ne parlant que de la forme se réservant, en cas de défaite, le combat ultime sur le fond. Cette stratégie est bien connue des avocats qui plaident d’abord sur la procédure et sont très heureux de gagner sans toucher au fond.

    Face à cette stratégie des tenants du statu quo, dans toutes les campagnes électorales le PQ se trouvait sur la défensive et perdait l’initiative en s’interdisant de répliquer sur le fond, c’est-à-dire sur la normalité et les avantages concrets pour le Québec de prendre toutes ses affaires en main, reportant à plus tard, par choix stratégique, la discussion sur le fond.

    Force est de constater que ce choix stratégique ne marche pas. Les Québécois préfèrent la clarté : si le PQ veut vraiment l’indépendance et aspire au pouvoir, qu’il montre dans toutes les campagnes électorales comment concrètement il pourrait faire bon usage des 50 milliards que le Québec envoie au Fédéral tous les ans !

    La discussion sur le fond doit avoir lieu à toutes les élections, elle ne doit pas être reportée à un référendum futur. L’article un du programme du PQ devrait éliminer la référence à un référendum, qui n’est qu’un moyen démocratique parmi d’autres, et se concentrer sur l’objectif qui est le rapatriement de tous les pouvoirs au Qué

  • Louis Lapointe - Abonné 11 avril 2014 13 h 12

    Aussant en emporte le vent

    Aussant en emporte le vent...

  • Lavoie Louis-Georges - Inscrit 11 avril 2014 15 h 36

    Transfert annuel

    À M.Courteau,
    Selon l'institut de la Statistique du Québec,dans le tableau 5.2 pages 84-85, le Québec envoie annuellement 40G$ à Ottawa et en reçoit 58G$.
    Alors, où trouverez-vous la légère différence de 18G$?
    Louis-Georges Lavoie

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 avril 2014 16 h 36

    Stéphane LE BOUYONNEC

    Candidat défait de la CAQ, l'histoire devra lui rendre hommage pour le plus savoureux lapsus de la campagne:

    au lieu de se réjouir que le Québec se soit donné une femme pour premier ministre, on l'a entendu dire au Match des Candidats sur RDI que

    Les québécois s'étaient donnés un premier ministre pour femme.

  • Gaétan Laprise - Abonné 11 avril 2014 17 h 35

    Suggestion

    À M. Mattte, s'il a l'occasion de se prononcer sur des affaires autochtones. L'explication d'un représentant Innu arrivant en retard à une réunion (réel) à Sept-Îles ;

    - Excusez-moi, mais ma montre a niaise !

    Excusez-la :-)