Porter, «mot-voldemort» du chef Couillard

Le nouveau chef du PLQ, Philippe Couillard
Photo: - Le Devoir Le nouveau chef du PLQ, Philippe Couillard
Tout ce qui ressemble au patronyme de l'ancien d.g. du CUSM — en disgrâce après les accusations de fraude envers le gouvernement et de recyclage des produits de la criminalité… les mandats d'arrêt, l'explosion du déficit de l'hôpital — sera désormais voldomorisé.

Certaines expressions pourraient bien ne pas revenir dans la bouche du nouveau chef libéral.

«Porter ses fruits» par exemple: «Ce genre d'action là, ça va d'après moi porter ses fruits

L'expression passe-partout de la langue de bois contemporaine, «porteur», pourrait bien être bannie du langage couillardien.

Il y a le syntagme «porteur d'avenir»: «Je rappelle à notre collègue [que] cette loi-là, au moment où on a diminué le nombre d'accréditations syndicales dans le réseau de la santé de 3 600 à 900 […] en même temps on a fait un geste qui d'après moi est encore plus porteur d'avenir que la réduction du nombre d'accréditations, qui est la délocalisation d'une partie des éléments de la convention collective vers le niveau local des établissements.» (http://www.assnat.qc.ca/archives/fra/38legislature1/Debats/journal/cas/070612.htm)

Encore plus «mot de javel», il y a le «porteur», tout seul, tout nu:  
«On est allés vraiment avec une attitude d'ouverture […] en demandant aux gens ce qu'ils souhaitaient voir comme mesures, […] qu'est-ce qui était le plus porteur, le plus susceptible d'apporter des résultats à court et à moyen terme, et on s'est mis d'accord sur l'ensemble des mesures qui sont dans le plan d'action.»

Évidemment, lorsqu'il sera question de maladie, le vocable, utilisé de manière juste, sera plus difficile à contourner:

«C'est important de le mentionner parce qu'on peut être porteur ici, dans cette salle, du C. difficile, n'avoir aucun symptôme.»

Voilà qui résume bien la défense de M. Couillard concernant sa relation avec le docteur maudit : «Porter n'avait l'air porteur de rien!»

Toutes les citations — sauf la dernière — sont tirées de la même Étude des crédits du ministère de la Santé et des Services sociaux du mardi 12 juin 2007. Si M. Couillard, cette journée-là, a si souvent utilisé le terme «porteur», c'est peut-être en raison d'une question de son critique de l'époque, Bernard Drainville où ce dernier avait mentionné le Voldemort de M. Couillard:

Non seulement la question est intéressante, mais la réponse aussi, en passant :

M. Drainville: «Merci […] M. Porter, Arthur Porter, le P.D.G. du CUSM, affirmait que les coûts supplémentaires liés à chaque jour de retard représenteraient 100 000 $ par hôpital. Là, je cite The Gazette du 4 novembre 2006. Je sais que par ailleurs, dans d'autres communications, il était question des coûts supplémentaires pour chaque semaine supplémentaire. C'était 100 000 $ par hôpital. Mais, peu importe que ce soit pour chaque journée supplémentaire ou pour chaque semaine supplémentaire, 100 000 $ de plus par hôpital, est-ce que ce sont des ordres de grandeur que vous reconnaissez?»

Le Président (M. Kelley): M. le ministre.

M. Couillard: Bien, vous savez, ce genre de communication là est fait bien sûr régulièrement parce que chaque établissement veut pousser le gouvernement à accélérer les choses le plus possible. Mais on a rappelé clairement, à plusieurs reprises, aux deux établissements, autant l'un que l'autre, qu'on ne se laissera pas bousculer puis on ne brûlera pas les étapes d'une planification exemplaire. D'ailleurs, le Vérificateur général, qui est en suivi constant de ces projets-là, dans son dernier rapport ― et j'invite le député de Marie-Victorin à le reconsulter, ce rapport ― indique que le gouvernement fait bien de prendre son temps avant de passer aux étapes suivantes et de tenir compte de la planification professionnelle comme elle doit être faite et comme elle a été mise en place.
Et également la question est la suivante. C'est que les centres hospitaliers devront rentrer dans les budgets qui auront été fixés. Lorsqu'on arrivera au bout de la démarche de coûts et d'échéanciers, bien ça va être le budget des établissements et c'est là qu'on va pouvoir par la suite juger de la présence d'un dépassement ou pas. Et d'ailleurs, de ce côté-là, il est possible qu'effectivement la formule de partenariat public-privé apporte un plus haut degré de sécurité, pas parfait, mais un plus haut degré de sécurité, pour le respect des coûts et des échéanciers, que les méthodes traditionnelles de construction.»

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