Leclair ou des lumières sur les problématiques à plusieurs niveaux

Le député Guy Leclair<br />
Photo: Assemblée nationale Le député Guy Leclair

Le député péquiste Guy Leclair a été sacré catégorie de ce carnet en 2011 et depuis, il ne cesse de prouver qu'il mérite cet honneur. À l'étude des crédits du ministère des Affaires autochtones, le 12 février, il s'est surpassé.

Il nous joue la douce musique des problématiques et des niveaux.

«Lorsqu'on revient à parler des communautés autochtones, les premières nations ainsi que les Inuits, c'est très clair pour moi qu'une multitude de problématiques s'y passe. Malheureusement, lorsqu'on parle, juste au Québec, de régions parfois éloignées, on se dit dans des régions éloignées lorsqu'on parle de Port-Cartier et tout ça. Imaginez-vous lorsqu'on parle des communautés autochtones. Bien souvent, pour la majorité d'entre nous, on n'a même pas eu a chance d'aller voir ça une fois dans notre vie. Alors, on n'a pas vu de nos propres yeux la misère qui, malheureusement, se passe là puis il y a beaucoup, beaucoup de niveaux .»

Il pose des questions de fond :

«Si on n'a pas un bon logement pour se loger, alors, comment on fait pour bien se nourrir? Comment on fait pour avoir une bonne éducation, avoir une bonne nuit de sommeil pour être capable d'être allumé, à l'affût de la journée qui s'en vient devant?»

La lumière, espérons, n'est pas celle d'un train:

«Je crois qu'on a beaucoup encore à faire avec la jeunesse autochtone, mais il y a certaines choses que je pense qu'il faut reconnaître qui ont été faites puis je crois qu'il faut continuer à aller de l'avant puis je pense que pour les jeunes autochtones, bien, je pense qu'ils peuvent aujourd'hui commencer à avoir une lumière au bout du tunnel».

M. Leclair doit avoir un fin nez, il utilise souvent l'expression être au parfum :

«Le programme s'inscrivait au coeur d'une mission des effets bénéfiques non seulement sur la santé des jeunes […] mais des communautés aussi, mais aussi sur les relations que le gouvernement du Québec entretient avec les communautés. On sait qu'on ne sera jamais au parfum et au diapason de tout ça, il faut continuer à travailler fort.»

«Il y a un autre projet qui est très rassembleur, puis je sais que, Mme la ministre, vous êtes très au parfum de ça

Comme de raison, M. Leclair lutte contre la noirceur (c'est un aptonyme) :

«Je trouve déplorable, […] que, bien souvent, on parle des communautés autochtones en disant que c'est juste la noirceur, en haut.»

Il manipule tous les sens du verbe «passer» :

«Ces gens-là, oui, ils ont beaucoup de problématiques qu'on n'a pas toutes résolues, comme qu'il se passe un peut partout au Québec, mais, bien entendu, il y a de beaux projets qui se passent, qui se sont faits dans le passé, que je suis convaincu que la ministre va poursuivre, mais on ne peut pas passer à côté de ces projets-là.»

Il n'y a pas à dire, à beaucoup, beaucoup de niveaux, il faut reconnaître qu'aucune problématique ne passe sous le nez du député de Beauharnois sans qu'il nous mette au parfum.  





5 commentaires
  • Claude Daigneault - Inscrit 20 février 2013 21 h 15

    C'est cruel mais...

    ...je pense que M. Leclair fait de la prose sans le savoir, comme le personnage de Molière.

    Je pense tout de même que c'est une bonne personne bien intentionnée. Il vaut beaucoup plus que les témoins à la Commission Charbonneau qui ont perdu la mémoire.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 21 février 2013 09 h 57

    Savoir parler avant d'écrire

    Vous avez raison sans doute de décortiquer les discours de nos politiciens, c'est de bonne guerre. Mais il faudrait sans doute porter l'oreille du côté des médias, qui nous gâtent de formules exquises et d'une syntaxe particulière. L'Hôtel de Ville de Montréal accordé au féminin (RDI)...au bulletin de nouvelles d'avant hier soir. La lumière au bout du petit écran?

  • Pierre Desautels - Abonné 22 février 2013 23 h 06

    No problemo...


    Le problème, (oui, ce mot existe encore, mais il est interdit de l'employer) c'est que Monsieur Leclair ne présente pas de pistes de solutions. Les solutions, nous en convenons, c'est dépassé, out, kaput et aussi, interdites. Les pistes de solutions, face à cette problématique, pourront nous ouvrir une fenêtre dans une perspective visant une approche socio-cognitive, privilégiant un axe de développement qui pourra satisfaire la très vaste majorité des intervenants.

  • Monique Verreault - Abonné 23 février 2013 09 h 39

    Leclair ou Lamphigourique ?

    À quand les cours de français pour certains de nos élus et journalistes ? J'aimerais tellement y voir plus clair.

  • Sylvie Hébert - Abonnée 23 février 2013 17 h 38

    Problématique et niveaux

    Ah, tellement contente de voir que quelqu'un s'intéresse à la problématique de la production de "problématiques"! On n'a plus de problèmes, au Québec, on n'a que des problématiques! (une problématique étant un ensemble de problèmes, c'est peut-être vrai, tiens....)

    Mais la beauté de la problématique, c'est qu'en plus de pouvoir avoir des problématiques à plusieurs niveaux, des fois c'est "au niveau de la problématique" que ça se passe... Un deux pour un.