Les combats dans le Jell-O de Jean Charest

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

Quand la période de questions devient ridicule en raison des pièges rhétoriques débiles, des indignations feintes, des métaphores douteuses, on a l'impression d'assister à un combat dans le Jell-O, ceux qu'organisent certains bars malfamés.

Ce matin Jean Charest, avec force effets de manche, tentait de coincer Pauline Marois avec une question piège: «La chef de l'opposition officielle aujourd'hui dit aux Québécois qu'elle serait prête à s'asseoir avec la CLASSE et ses représentants, oui ou non?»

Le premier ministre, qui avait l'air de se croire, a mis de la pression, soutenant que la réponse de la chef péquiste allait «marquer l'histoire politique du Québec». L'histoire attendra puisque Mme Marois a ignoré la question.

Ce qui a plongé le premier ministre dans une de ses colères: «Faisons le bilan. Le bureau de la députée-ministre a été saccagé, des cocktails Molotov déposés en avant des bureaux des députés, des bidons d'essence déposés sur les résidences... dans les résidences privées de deux ministres du gouvernement […]. Puis les députés du PQ trouvent ça drôle, […]. Il faut dire que c'est extrêmement grave, extrêmement grave. Mais ce qu'il y a de plus grave encore, c'est que la chef de l'opposition officielle soit incapable de dire aux Québécois aujourd'hui […] si elle est d'accord pour s'asseoir avec des étudiants, une association étudiante incapable de condamner la violence et l'intimidation. Est-ce que la chef de l'opposition officielle a un minimum de principes ou est-ce qu'elle a juste du Jell-O dans la colonne vertébrale

Réponse dans les banquettes de l'opposition : «Toi, c'est dans la tête que t'en a du Jell-O!»

Le président Jacques Chagnon a multiplié les litotes pour faire comprendre au premier ministre qu'il venait de faire une autre «tête de slinky» (insulte lancée en mai 2010 au leader péquiste Stéphane Bédard): «Je pense qu'effectivement la conclusion n'était pas particulièrement agréable à entendre, mais je souhaite enfin que M. le premier ministre fasse en sorte de permettre, comme il le fait d'habitude, d'élever le débat
37 commentaires
  • Jean Babin - Inscrit 18 avril 2012 18 h 00

    Désespérés

    La photo fait peur !!! C'est vrai, on dirait vraiment qu'il se croit.

    Il demeure que Jean Charest définit le mouvement étudiant strictement comme violent et disons le, terroriste. Sa stratégie est de mettre dans la tête d'une partie de la population l'idée que Marois encourage la violence puisqu'elle refuse de réduire le mouvement étudiant à un gang de rue violent.

    Le pire est qu'il croyait faire du millage avec cette stratégie insensée, diviser la population en se servant des étudiants pour en faire un thème d'électoral.

    Ils sont désespérés.

  • Mario Bedard - Inscrit 18 avril 2012 18 h 09

    Billet d'avion pour aller seulement ...

    Pourquoi Jean Charest n'a-t-il pas prolongé son séjour au Brésil. Pourquoi n'a-t-il pas eu l'idée soudaine d'arrêter en Argentine, en Bolivie ou au Mexique.....Pourquoi Jean Charest nous fait-il subir sa présence à l'assemblée nationale ...Cet homme ne réalise-il dont pas que c'est devenu souffrance que de l'entendre dire de pareilles inepties ....

  • RobertB - Inscrit 18 avril 2012 19 h 06

    Jell-o! = 0!

    Ça vole pas haut, on s'attaque, on ne bâti rien! Le Québec coule dans la vase, pour ne pas dire autre chose. Charest est nul dans tout ce débat, mais la Marois creuse sa tombe selon moi car elle montre son hypocrisie: elle n'est pas pour le gel ni le statu quo, mais critique....quoi? Elle ne fais que montrer son opportunisme d'opposition. On critique, mais ne bâti rien. Vivement les élections pour voter........quoi? Aidez moi!

    • Louka Paradis - Inscrit 19 avril 2012 09 h 50

      Mme Marois a su rester digne et a posé les bonnes questions, qui ont bien embêté le PM, à voir sa réponse complètement inadéquate et ses attaques personnelles. «L'injure ne déshonore que son auteur».
      Je ne vois rien d'hypocrite dans le comportement de Mme Marois. Sa position est claire pour qui veut bien comprendre : elle est contre cette hausse brutale et inuste, l'annulera et convoquera un grand débat sur l'Éducation avec TOUS les intervenants. Cela signifie de l'ouverture au dialogue pour trouver des solutions justes, réalistes et intelligentes. On ne peut pas être créatifs dans un climat d'affrontement ; c'est complètement stérile et ça pourrit aussi le climat social.
      Louka Paradis, Gatineau

    • RobertB - Inscrit 19 avril 2012 14 h 59

      @LoukaP:
      Bien répondu et merci de la nuance. Par contre, je dis encore qu'elle devra faire ses preuves et ce, sur le terrain, ce qui est autre chose.

    • Jean St-Jacques - Abonnée 21 avril 2012 05 h 59

      Quand on ne sait pas quoi répondre, on attaque l'adversaire avec un manque d'élégance. Charest nous montre son vrai visage mais nous l'avions vue dès ses premiers pas comme chef...chef incompétent. Madame Marois sait où elle va et a du respect pour les étudiants. Elle ne perd pas le ...NORD.

  • Robert Dufresne - Inscrit 18 avril 2012 20 h 49

    La periode de question,un show,rien d'autre.

    Quand on en est rendu a parler de jello,le debat est rendu tres bas.J.Charest peu bien parler d'intimidation quand lui pratique la politique du terrorisme intellectuel mur a mur envers les etudiants,et j'irai meme encore plus loin,du terrorisme psychologique envers toute la population du Quebec.
    Il est grand temps qu'arrivent les elections pour que le p.m. puisse prendre de grandes vacances apres sa defaite.Il pourra alors faire refroidir son cerveau car le jello commence a degouliner sur son front.
    Robert Dufresne.

  • Pierre Vincent - Inscrit 19 avril 2012 08 h 00

    Du Jell-O dans la tête et dans le ventre...

    Tout le monde sait maintenant que M. Charest a du Jell-O dans la tête. On savait depuis longtemps qu'il en avait dans le ventre (non, ce n'était pas de la soupe). Mais la véritable question qui tue est la suivante : Quelle saveur de Jell-O, au juste?