Robert Dutil, sécurisant mais confondant

Le terme habilitation sécuritaire a fait irruption dans le langage des parlementaires cette semaine après les articles du Devoir sur Yvan Delorme. C'est le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil qui a lancé ce beau vocable issu de la langue de bois policière désignant les vérifications d'antécédents avant la nomination d'une personne à un poste important.

Le ministre reproche à l'opposition «d'entretenir la confusion» entre une enquête et une habilitation sécuritaire, mais il a eu lui-même un mal fou et confondant avec l'expression, toute la semaine, notamment mardi : «Le chef de la Sûreté du Québec a répondu qu'il avait utilisé les moyens qu'il devait utiliser pour faire cette habilitation sécuritante». Sécuritante? Il a aussi dit que le sous-ministre avait «le devoir [...] de faire les vérifications habilitantes». Il a aussi parlé d'«habilités sécuritaires». Que signifie avoir des habilités sécuritaires? Avoir du talent pour les enquêtes? Autre notion proposée par le cerveau créatif du ministre: Des «vérifications sécuritaires, tout simplement habilitantes, comme on en fait régulièrement». Chose certaine, une «sécurité habilitante, c'est autre chose, M. le Président.» On vous croit sur parole, monsieur le ministre. Et une sécurité habilitante, est-ce la même chose qu'une vérification habilitante et comment ça se distingue d'une habilité sécuritaire? «J'ai précisé et je reprécise à nouveau qu'une enquête est différente d'une vérification habilitante. Je pense que ça devient une répétition vraiment exagérée

Tout est beaucoup plus clair comme ça, merci.

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