Perronismes péquistes

Je l'avoue, j'étais ému tout à l'heure à la reprise des travaux parlementaires. Car le matériel pour ce blogue y est abondant. En guise de cadeau de rentrée, le péquiste Nicolas Marceau m'a par exemple offert un : «Quand on prétend qu'on en a créé plus de 100 000, puis que le vrai chiffre, c'était 92 000, on appelle ça tourner les coins ronds carrément.» Émouvant, non?

Je parle de rentrée. Je ne veux pas dire qu'il ne s'est pas abattu du boulot au parlement depuis l'ajournement de début décembre. Oh que non! La semaine passée par exemple, la Commission de l'économie et du Travail s'est penchée sur la loi sur les «travailleurs de remplacement», nouveau terme qui a été suggéré pour éviter le vocable anglais scab ou le trop vrai briseur de grève. Or, pendant cette commission, une étoile est née : Guy Leclair (photo de droite). J'ai même décidé de le sacrer «ami» de ce carnet. («Ami de Mots et maux de la politique» est une première étape. L'Ordre national du Québec a trois insignes : Grand Officier, Officier et Chevalier. L'Ordre de Mots et maux aussi : Ami, Grand Ami et Catégorie.) M. Leclair (ce patronyme est clairement un contre-aptonyme) a donc réellement prononcé —parmi des miliers— les délicieuses phrases suivantes :

• «Même le côté patronal, ils ont dit: Il ne faut pas embarquer là-dedans, tout ouvrir ça, c'est un Pandore, une grosse canne de vers

• «Juste avant de saluer les invités, j'aimerais juste réitérer un point que j'ai entendu, là, lors des dernières interventions, avant ce bloc, ici, venant du député de Rivière-du-Loup qui dit que les dés sont déjà sonnés, qu'on ne tiendra pas de commission, qu'on n'appellera pas le projet de loi? Alors, je veux être certain, là, que ces dires-là lui appartiennent qu'à lui, et ce n'est pas ... on n'est pas ici, dans une table de travail, qu'on sait que ça ne donnera rien parce que sinon... on va arrêter de niaiser les gens, là
 
• «D'entrée de jeu, M. le Président, je dois dire que je suis pratiquement outré et très, très déçu de ne pas voir la ministre du Travail exiger une place autour de cette table

• «Ceci dit, j'aimerais juste qu'on fasse un petit peu un retour à l'arrière de pourquoi qu'on se retrouve ici aujourd'hui.»

• «On est en 2010 [non, en 2011!] et on connaît l'inforoute routier d'Internet alors on n'a pas le choix de se pencher là-dessus.»
 
• «Puis, est-ce que la notion d'établissement pour vous nécessite d'être redéfinie, car je crois que tout le monde est au parfum de dire que la technologie d'Internet, et tout ça, n'existait pas dans le temps?»

• «Mais là, aujourd'hui, on se retrouve avec une autre... une autre triste réalité, c'est que les lock-out ou les grèves, ils perdurent pendant des temps indéterminables

 
17 commentaires
  • Line Gingras - Abonnée 8 février 2011 19 h 33

    Émotion

    Je comprends votre émotion : ce monsieur Leclair accomplira de grandes choses.

  • Frédéric Jeanbart - Inscrit 9 février 2011 00 h 51

    On récolte ce que l'on sème...

    C'est avec un rire jaune que je lis cette page... Comme il est malheureux de constater tant de... Si peu de.... Bah! Il est clair que Leclair n'a pas fini son secondaire, et je me demande comment se fait-il qu'on se retrouve avec tant de cancres à des leviers de pouvoir tels la représentation, la politique, etc., parmi ceux qui se proclament "élite"! Car Monsieur Leclair n'est certainement pas seul, on en entend tous les jours de ces perles si peu rares, et cela ne fait que refléter la pauvreté de notre système d'éducation. Étant plus jeune, oh que je me disais que nous allions tout droit dans un mur, à tant railler notre belle langue, alors qu'on en jugeait l'enseignement si peu important que s'exprimer correctement devenait louche, alors que pourtant, sans la capacité de s'exprimer clairement, toute connaissance est bien futile! Comment diable a-t-on prescrit aux enseignants de noter le passage (et d'enseigner) à toute une génération que l'on a VOLONTAIREMENT sacrifié (volontairement, car moi je me souviens très bien qu'on ne cessait pas de nous casser les oreilles avec notre "génération X / Génération sacrifiée" : on le savait et l'annonçait car on faisait en sorte que cela se passe ainsi, maudite gang de babyboomers suffisants et de courte vue). Pathétique et pas drôle du tout.

  • Fabien Nadeau - Abonné 9 février 2011 06 h 19

    Admiration

    Je suis tout en "questionnement choqué" devant le sabir de M. Leclair... Il doit y avoir un code. Mon admiration va à ses collègues qui le comprennent.

    Pour une fois, le gouvernement Charest n'aura pas besoin de prétendre ne pas comprendre la question.

  • Gilles Bousquet - Inscrit 9 février 2011 07 h 06

    Nous les comprenons quand même...presque

    Même s'ils "jouent avec les poignées de leurs tombes" qu’ils vont finir par arracher s’ils continuent de tirer dessus comme ça, à notre Assemblée nationale.

  • dense simard - Abonnée 9 février 2011 07 h 14

    Perronisme...

    Vous avez trouvé là plus qu'un ami... de quel parti est-il déjà? On ne recrute pas n'importe qui.