Gibelotte de Gignac

image Clément Gignac nous semblait assez éloquent, jadis, lorsqu'il commentait les budgets à la télé comme économiste. Mais celui que Michel Hébert surnommait à l'époque le «Steve Martin de la Banque nationale» semble avoir perdu l'usage de la langue française depuis qu'il est ministre. Ses interventions sont déstructurées, il ne termine pas ses phrases. On ne dirait pas qu'il s'agit d'un ancien du Petit Séminaire de Québec... À preuve, sa première réponse, hier, à une question de Jean-Martin Aussant. Après avoir dit que ce dernier était un «adepte du libre-échange», il a accouché de phrases informes : «Il fait allusion peut-être au côté transparence. Je tiens à souligner qu'on a... on a informé le conseil des partenaires à deux reprises, les... où les syndicats siègent, le Conseil du patronat, même les gens du côté de la culture siègent.» Siègent du côté de la culture?, quoi? Peu importe, Gignac poursuit son festival de la gibelotte : «On a également... Mon collègue des Affaires municipales a rencontré... les municipalités le 14 juillet dernier pour s'informer. Pendant ce temps-là, durant cet automne, aucune question de la part de... de l'opposition officielle sur le Buy American. On ne s'informait pas. On aimait mieux faire de la petite politique que s'occuper d'économie.» Deuxième réponse: «Ce que je me demande, Mme la Présidente, c'est si le député de Nicolet-Yamaska est toujours à l'aise avec la... sa collègue, députée de Rosemont, puisqu'à l'époque, lorsqu'elle était ministre des Relations internationales, elle a conclu une entente sur les marchés publics du Québec avec l'État de New York sans aucune consultation, aucune information, aucun débat à l'Assemblée nationale. C'est dû... le parti de l'opposition officielle, auquel je fais partie maintenant, sous la pression, que, deux semaines après, elle a publié. Donc, en termes de transparence, Mme la Présidente, je pense qu'on n'a aucune leçon à recevoir du côté de l'opposition officielle.» (Photo Jacques Nadeau)