Scott Mckay, «à l'extérieur» et puis «à l'intérieur» du PQ

image Dans une lettre ouverte publiée en décembre 2007 et disponible plus bas (cliquez sur «lire la suite»), le chef du Parti vert Scott McKay formulait des accusations graves envers le PQ et sa chef, Pauline Marois. Ce «vieux parti» avait «profané» la loi sur le financement et «avait l'intention de continuer». Sur cette question, Mme Marois mentait, disait-il. Maintenant député péquiste après avoir été éjecté de la tête du PV, il soutient que c'était là une critique «de l'extérieur». Il est aujourd'hui «à l'intérieur» et il constate que tout est formidable. Sur le web, on trouve des extraits d'un discours d'investiture de 2007 de M. Mckay comme candidat Vert dans Bourget. Il y parle du «travail entrepris par René Lévesque» sur le financement des partis politiques qui a été «bloqué par son propre parti». Dans une autre vidéo disponible, on entend M. Mckay, candidat du PQ dans l'Assomption en 2008, qui déclare dans une pub : «Le Parti québécois a assaini les mœurs politiques au Québec en instaurant le financement populaire» ; pub qui se termine par cette injonction : «Finançons le Parti québécois!» Oh oui, et dans sa lettre, M. Mckay s'inquiétait du cynisme grandissant des citoyens. Mais ça, c'était lorsqu'il était «à l'extérieur».

****************************** LETTRE OUVERTE Loi du financement des partis politiques: LE PVQ DEMANDE UN RETOUR AU CONTRÔLE POPULAIRE 17 Décembre 2007 André Larocque, ex-ministre à la réforme électorale sous René Lévesque Scott McKay, chef du Parti vert du Québec, co-signé par le Conseil national du parti Finalement, après un an de travail à huis clos, le « Groupe de réflexion sur le financement des partis politiques », créé par le Directeur général des élections (DGE), a produit son rapport. Le premier réflexe amène à se réjouir de ce que le groupe fasse l’éloge de tous les principes de base de la loi originale et apporte des recommandations qui ne changent rien de substantiel dans son application. Le deuxième réflexe invite plutôt une série de questions inquiétantes. Comment se fait-il qu’une loi aussi centrale à notre processus démocratique fasse l’objet d’étude à huis clos? Comment se fait-il que cette étude soit conduite par les mêmes partis politiques qui sont justement identifiés publiquement comme les contrevenants à la loi? Comment se fait-il que le rapport du groupe ne fasse aucune référence à l’affirmation des média à l’effet qu’elle est généralement contournée par les vieux partis? Comment se fait-il qu’il n’y a aucune référence, ni aux propos de l’ancien DGE, Pierre F. Côté, selon lequel le « système de financement des partis politiques est manifestement brisé », ni au rapport du juge Moisan selon lequel « par l’entremise des employés de son entreprise ou par des achats de billets, Jean Brault a versé des contributions au Parti québécois, à hauteur de 96,400$. Le parti connaissait cette situation et il fermait les yeux »; ni finalement aux procédures prises par le ministère du Revenu contre des employés de la société Tecsult où son ex-président avoue qu’il portait personnellement les chèques prête nom aux organisateurs des partis politiques. Et là, on parle de chiffres dans les centaines de milliers de dollars! Après Bernard Landry et André Boisclair, c’est maintenant Pauline Marois qui dit que le PQ est blanc comme neige et qu’il n’encaisse que des chèques d’individus. Or justement, le ministère du Revenu soutient qu’il ne s’agit pas de chèques d’individus mais de chèques de prête nom, donc en réalité de chèques de personnes morales, ce qui est non seulement interdit par la loi mais profondément en opposition avec le sens fondamental de la loi. Quelqu’un ment : madame Marois, ou le ministère du Revenu! En espérant que les vieux partis ne nous auront pas acculés au cynisme total, ne faut-il pas conclure que le fait qu’aujourd’hui leur soutien public aux principes et à l’esprit de la loi originale tient au fait que ces partis ont justement mis en place tous les moyens dont ils avaient besoin pour la contourner et peuvent donc en célébrer les vertus dans l’abstrait sans que cela ait un impact sur quelconque sur leur financement réel? Alors que le Québec marquait, le 1er novembre 2007, le 20e anniversaire de la mort de René Lévesque et alors que René Lévesque voyait dans la loi du financement des partis politiques le point culminant de ses politiques de réforme démocratique, le Parti Vert du Québec demande : (1) que ni le Directeur général des élections, ni les partis représentés à l’Assemblée nationale, ne puissent se réfugier désormais dans des procédures à huis clos, donc à l’insu des propriétaires de notre système démocratique, les citoyens. (2) qu’une Commission extra-parlementaire soit constituée sous la présidence de Robert Burns, le « père » de la loi du financement des partis politiques. (3) que cette Commission entende les citoyens, non seulement sur les aspects techniques de la loi du financement, mais sur l’ensemble de la relation « partis politiques et argent public ». Dans cet esprit, il importe de mettre en place des mécanismes pour mieux encadrer le dialogue entre les candidats et les électeurs en période électorale, de façon à diminuer l’ampleur des dépenses de publicité et d’affichage. Ces dépenses ont pris une ampleur titanesque qui exerce une pression indue sur le financement des partis. À l’avance, le Parti Vert du Québec annonce qu’il soumettra à cette commission des recommandations allant dans le sens suivant : (1) que le Québec inclut dans sa loi, comme vient de le faire l’Ontario, l’obligation de divulgation en temps réel. Donc qu’une contribution de plus de 200$ doive être rapportée au DGE dans les cinq jours de sa réception et que le DGE doive la faire connaître sur son site web dans les cinq jours suivants. (2) que les élections se tiennent à date fixe et que trois mois avant la tenue d’une élection, le Vérificateur soit tenu par la loi de publier dans les principaux médias l’état des finances du Québec de façon à ce que les citoyens ne soient pas submergés par le verbiage caricatural des partis. (3) que désormais la publicité télévisée et radiophonique des partis en temps électoral soit sous le contrôle du Directeur général des élections de façon à ce qu’il soit responsable de retenir le temps d’antenne et de distribuer ce temps équitablement et au moindre coût possible entre les partis. (4) qu’à l’instar de ce qui se fait avec la loi sur la consultation populaire, il appartienne au DGE, et non pas aux partis politiques, de faire connaître les éléments principaux des programmes des partis politiques via une publication officielle traitant équitablement des programmes de tous les partis reconnus et distribuée à l’ensemble des électeurs. (5) qu’à l’instar des pratiques en France, en Ontario et ailleurs, que les espaces d’affichage des partis politiques soient restreints à des surfaces publiques dédiées à cet effet et non plus objets de pollution générale par leur apparition sur tout ce qui sert de poteau au Québec. En somme, la loi du financement des partis politiques constitue un des piliers majeurs de notre patrimoine démocratique. Les vieux partis, le PQ en tête, l’ont profané et ont parfaitement l’intention de continuer. Quelles que soient les orientations qu’on doit prendre pour l’avenir, le Parti Vert du Québec exige que cette loi soit remise sous le contrôle de ses propriétaires légitimes, les citoyennes et les citoyens du Québec.

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