Pourquoi le style Charest est «boursouflé»

image Boursouflé, comme cette grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf, le style de Jean Charest et du Parti libéral. Le PLQ veut faire du Québec «la première puissance mondiale des énergies propres et renouvelables». Il sacre son chef «grand bâtisseur» du Québec au même titre qu'Adélard Godbout, Jean Lesage et Robert Bourassa... tellement que M. Charest semblait lui-même encombré par son aura de légende ambulante, hier. On s'est même demandé s'il ne s'apprêtait pas à quitter la politique. Après tout, les hommages, c'est pour ceux qui partent, non? Je n'ai pu résister à lui demander à quel barrage il souhaitait donner son nom. Un épisode raconté ainsi par un collègue : «Le chef libéral semblait déjà mal à l'aise face à ces supputations quand un reporter lui a demandé quel barrage il souhaitait voir nommer en sa mémoire. "Merci d'y avoir pensé", a-t-il répondu du tac au tac tandis que, prestement, son attaché de presse appelait la question suivante.» Il fallait entendre le discours du premier ministre, hier. Le vocable historique était convoqué à chaque page; bref, un style très... boursouflé. Au fait, pourquoi ce mot ? C'est celui choisi par Alexis de Tocqueville dans son chapitre «pourquoi les écrivains et les orateurs américains sont souvent boursouflés». Un texte tout à fait pertinent encore aujourd'hui pour comprendre l'enflure libérale. On pourrait même en faire le thème d'un Devoir de philo. (Photo : votre humble serviteur posant comme l'admirateur béat qu'il est d'A. de Tocqueville, à Paris, près de la rue baptisée du nom de ce grand écrivain.)