Le nettoyage gérontologique se poursuit

image Il y a longtemps déjà, on a cavalièrement évacué le mot «vieux» du vocabulaire officiel pour parler des «personnes âgées». Mais le nettoyage gérontologique ne s'est pas satisfait de cette mise au rancart. «Âgé» semblait encore trop péjoratif et fut écrasé par «aîné». Dans le rapport Du cœur à l’action pour les aînés du Québec (2007-2008), pas une fois on écrivait le mot «âgé» ou «personne âgée». Non, c'est aîné de la première à la dernière page. On a aussi le Secrétariat aux aînés et le «Le Conseil des Aînés», (même si, aujourd'hui, les aînés ne donnent plus de conseils car c'est la «jeunesse» qui a le haut du pavé dans nos sociétés). La ministre responsable des vieux parle, elle, des «personnes aînées». Or, on apprend que «aîné», comme tout ce qui traîne, s'est sali. «Pour certaines personnes, le mot aîné égale cartes, bingo et tricot, alors que nous adorons apprendre de nouvelles choses», peut-on lire par exemple. Des «jeunes retraités» soulignent que «l'appellation "aîné" ne [leur] convient pas du tout» et que «le fait qu’il y ait le mot aîné dans notre nom fait fuir ces nouveaux retraités». Par conséquent, on est à la recherche de nouveaux euphémismes. La joviale ministre Marguerite Blais a déjà utilisé l'expression «les personnes de 65 ans et mieux». Mais sans doute en raison du ridicule, elle ne semble pas avoir été adoptée... (Photo Jacques Nadeau)

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