À propos du peuple de «locataires»

image «Le locataire» : c'est ainsi que mon collègue Michel David a intitulé sa chronique consacrée à cet étrange fait : la colline parlementaire à Québec est en partie louée au gouvernement fédéral. On ne peut s'empêcher de penser à Félix Leclerc qui, dans L'Alouette en colère, chantait : «J'ai un fils dépouillé/Comme le fut son père/porteur d'eau, scieur de bois/Locataire et chômeur/Dans son propre pays.» Au bas de mon texte de samedi, un lecteur écrit avec amertume : «Nous sommes des locataires dans notre propre pays et la majorité des Québécois se satisfait de ce statut. Alors qu'on ne vienne pas me parler de quelques parcelles de terrains...S'il s'agissait au moins d'une location-vente! Paye-t-on au moins le loyer avec régularité ?» En Corse, le mot «locataire» peut avoir un autre sens, m'a-t-on raconté. Et c'est encore moins ragoûtant : en vous offrant un fromage, on vous demandera : «Avec ou sans locataires», c'est-à-dire des parasites! Dans ce sens, certains dans le ROC n'hésiteraient pas à dire que nous sommes les «locataires» dans la fédération! Au reste, au sens propre, les statistiques du recensement de 2006 sont claires : nous ne sommes même plus un peuple de locataires! (Photo Clément Allard ; Dévoilement de la statue de Robert Bourassa... dans une portion de la colline parlementaire louée au fédéral.)

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