Le débat des faux amis

image On se serait cru à la petite école, hier soir, au débat des chefs. «Dites du bien de votre voisin de gauche.» Heureusement qu'il n'y avait pas de bouteille au centre de la table. Ou de caquelon à fondu. Ça aurait dégénéré en échanges de french kisses. Mais le quidam avait prononcé son diktat : «soyez gentils! Aimez-vous les uns les autres.» Et les politiciens ont obéi. C'était une injonction tellement «citoyenne». Le résultat a été «sympa», comme dans «l'idéologie du "sympa"», mise au jour, étudiée et dénoncée par Renaud Camus. C'est le cucul qui triomphe. Ou le kitsch: «On s'aime bien au fond.» Faux! on est des faux amis. Ce qui nous ramène au french language. Quel déluge de faux amis, ce débat. «Département», «fraude». Ben non Stéphane —...Bureau, nous aussi on va vous appeler par votre prénom—, on ne traduit pas «fraud» par «fraude». Vous avez induit Mme May en erreur. «Fraud», c'est «attrape-nigaud», «fumisterie». C'est mon Dictionnaire des faux amis qui le dit. J'ai hâte de voir s'il y aura autant de «gallicism» ce soir. Si oui, ça prouvera qu'on est non seulement «citoyens», mais vachement «métissés».