Connecter le tiers-monde numérique pourrait rapporter gros

Permettre à toute l’humanité de fréquenter les univers numériques, c’est une histoire d’équité, d’universalité, mais aussi de gros sous. La preuve : en amenant l’Internet dans le quotidien des 4,1 milliards d’individus sur terre qui n’y ont pas accès, l’économie mondiale ne s’en porterait que mieux avec une croissance anticipée de 6,700 milliards de dollars, soit une contribution à cette richesse collective de 1634 $ par terrien nouvellement connecté.

Mieux, en mettant ainsi la planète terre tout entière en réseau, 500 millions d’individus se sortiraient par le fait même de la pauvreté. C’est du moins ce qu’indique le rapport intitulé Connecting the world : Ten Mecanism for Global Inclusion, dévoilé mardi par Strategy&, une boîte de consultants spécialisés en stratégies commerciales. L’étude a été réalisée pour le compte de Facebook qui a fait de la démocratisation de l’accès à Internet à travers le monde un nouveau combat afin d’assurer sa croissance.

Notons toutefois que cette aventure ne tourne pas très bien, en Inde du moins, où l’empire de Zuckerberg rencontre plusieurs points de résistance, dont il est possible de trouver un très bon résumé dans cette redoutable autopsie.

«La croissance mondiale de l’Internet ralentit, peut-on lire dans le document de Strategie&. Malgré la révolution numérique, 56 % de la planète n’est pas encore en ligne. Nous avons besoin de nouveaux mécanismes pour accroître la connectivité, la création de contenu et enrayer les freins commerciaux qui nuisent à une plus grande inclusion numérique».

Cette dématérialisation totale de l’humanité dans les univers numériques est toutefois encore loin de se matérialiser, en raison principalement des coûts qui viennent avec l’accès à ce réseau. Actuellement, 66% du monde branché doit consacrer 5% de ses revenus mensuels pour obtenir un plan d’accès au Web de 500 Mb, estiment les auteurs du document, chose qualifiée de trop dispendieuse.

Pis, pour permettre à 80 % de la population de l’Éthiopie, des Philippines ou du Nigeria de débarquer sur le Net, les coûts de branchement dans ces pays devraient être réduits de… 90 %, poursuit le document qui, tout en posant le cadre de ce rêve caressé par quelques bonzes du numérique, confirme au passage avec ses chiffres et ses perspectives, sa toujours probable inaccessibilité.
1 commentaire
  • Mario Jodoin - Abonné 17 mai 2016 22 h 19

    Quand tu as faim...

    ...à la fois de nourriture et de connaissance, tu prévilégies en général la première.