Les voitures connectées nous conduisent-elles sur une mauvaise route?

Mais où vont donc nous conduire toutes ces voitures connectées qui actuellement font leur apparition sur le marché, avec leurs systèmes intégrés de géolocalisation, de réseautage en format mobile, leurs réseaux sans fil et autres signes intérieurs de modernité?
 
Réponse : vers des risques élevés d’intrusion dans la vie privée des conducteurs et de leurs familles, estime la Freedom of Information and Privacy Association de Colombie-Britannique dans une étude fraîchement dévoilée. Et le groupe appelle du coup les consommateurs attirés par ces voitures tout comme les pouvoirs publics à lever un peu le pied sur cet accélérateur d’air du temps, pour mieux prendre conscience de l’environnement délicat dans lequel tout ça est en train de nous faire entrer.
 
«Avec la connectivité, les voitures sont en train de devenir des machines super efficaces pour la collecte de données», résume le groupe dans son rapport. Le Vancouver Sun en donne les grandes lignes. Données sur les déplacements, sur les lieux les plus fréquentés, y compris les commerces de prédilection de l’automobiliste. Données sur le type d’accélération, sur le type de freinage, sur la musique écoutée, sur les heures de mouvements, sur les sites Web visités en roulant. Alouette. Autant d’informations qui permettent, par recoupement avec d’autres données personnelles récoltées sur les réseaux sociaux, d’offrir un profil précis du conducteur.
 
Les publicitaires en sont d’ailleurs friands. Les compagnies d’assurances aussi, tout comme d’ailleurs des esprits encore moins bien intentionnés qui pourraient chercher à en tirer profit pour commettre quelques méfaits, souligne le groupe.
 
Or, tout en mettant les conducteurs plus que jamais sous la loupe, ces systèmes — dans certaines voitures, ils prennent la forme d’une centaine de microprocesseurs produisant 60 millions de lignes de code — peinent à répondre aux critères de protection de la vie privée imposés par les lois fédérales, estime l’Association. Elle juge d’ailleurs sévèrement l’industrie automobile pour son manque de transparence sur les données personnelles collectées sur ses véhicules et pour le manque de choix laissés aux conducteurs sur le type de données le concernant qui peuvent entrer dans le processus de collecte et sur leur utilisation et/ou leur partage avec des tiers.
 
Le groupe de défense des libertés civiles n’y va d’ailleurs pas par quatre chemins et réclame l’adoption d’une loi sur la protection de la vie privée ciblant spécifiquement les voitures connectées et l’industrie de l’assurance qui a déjà commencé à s’y abreuver. Il souhaite également que des spécialistes de cette même vie privée participent à la conception de ces véhicules, une demande qu’il est étonnant d’entendre résonner alors même que ces voitures sont déjà sur les routes…
1 commentaire
  • Normand Bélair-Plessis - Abonné 27 janvier 2016 16 h 58

    Sortir de ma vie

    Ma liberté ne passe pas par ces autos....inutiles. ...
    Quelle perte de temps et d'énergie pour tenter d'augmenter l'attention des humains.