Faut-il légaliser l’égoportrait dans l’isoloir?

Photo: Twitter
L’égoportrait dans l’isoloir, cette photo de soi prise en train de voter, doit-elle, une fois rendue publique sur les réseaux sociaux, continuer à être passible d’une amende et d’une peine de prison?
 
Non, estime aujourd’hui un législateur de San Rafael en Californie dans les pages du Los Angeles Times tout en soutenant un projet de règlement municipal qui vise à normaliser cette activité que les internautes français nomment «#selfisoloir».
 
«Les gens prennent des photos de leur chien, ils prennent des photos de leurs repas, pourquoi ne pas les laisser prendre des photos de leur vote, demande Marc Levine qui a réalisé son premier égoportrait dans un bureau de vote en 2009? Il est temps de rendre le vote cool et omniprésent, ce que l’égoportrait dans l’isoloir peut, de manière très puissante, arriver à faire».
 
Pratiquer avec autant de légèreté que de craintes, ce genre photographique, auquel ont succombé dans les dernières années plusieurs citoyens et vedettes, dont Kim Kardashian ou Beyoncé, rappelle le quotidien américain, n’est pas légal aux États-Unis. Au Canada non plus : cette expression cadré du soi en situation de vote expose en effet l’adepte de la chose à une peine de trois mois de prison et 1000 $ d’amende, a rappelé Élections Canada en octobre dernier, peu avant le dernier scrutin fédéral, mais surtout au terme d’une campagne où l’égoportrait a été particulièrement exploité par l’un des candidats dans la course, Justin Trudeau.
 
L’égoportrait dans l’isoloir est présenté comme une arme visant à combattre l’abstentionnisme, particulièrement auprès des jeunes et lors des scrutins municipaux qui peinent à faire sortir leur vote. Sauf que, il entre également en contraction avec le secret du vote garanti dans les constitutions de plusieurs États, mais également avec les règles visant à suspendre la publicité électorale le jour du scrutin.

Cette mise en scène photographique, bien de son temps, est aussi pointée du doigt comme vecteur possible de la commercialisation de votes, le cliché pouvant en effet faire office de preuve formelle auprès d’un éventuel acheteur de voix et donc participer au trucage ou à la manipulation d'une élection.