Domaine public et calendrier de l’avent

À chacun son Calendrier de l’avent! Il y a ceux qui le veulent avec du chocolat dedans, d’autres avec des pensées creuses et motivantes ou encore avec des briques Lego finissant par construire un objet le jour du 25 décembre. Et il y a ceux, plus étranges, qui mettent ce principe de l’effeuillage quotidien en prévision de la naissance supposée d’un «divin enfant» au service du partage et de la libre circulation de la création, de l’art et des idées.
 
C’est ce que propose un groupe de passionnés de mémoire collective, de culture libre et de données ouvertes avec leur Calendrier de l’avent du domaine public. L’espace en ligne vient de faire son apparition. Il propose de partir chaque jour, durant le mois de décembre, à la rencontre d’un artiste, d’un auteur, d’un chanteur, d’un homme politique, d’une figure emblématique de l’histoire, dont la production se prépare, le 1er janvier prochain, à s’élever — plutôt que tomber — dans le domaine public, au Canada du moins.
 
Rappel des faits juridiques : la chose se produit en principe 50 ans après le décès dudit personnage. Pour le moment, le calendrier a rappelé au bon souvenir de notre présent des noms comme Winston Churchill, Le Corbusier, mais également du musicien Claude Champagne et de l’artiste peintre Jean-Philippe Dallaire, dont La vieille demoiselle (1945) va alors pouvoir être reproduite, remixée, partagée, re-valorisée, loin des préoccupations liées au respect des droits d’auteur.
 
«Chaque jour de décembre, une fenêtre s’ouvre sur une nouvelle figure, un auteur, un politicien, un intellectuel, un créateur dont les oeuvres viennent enrichir le domaine public et, par lui, ou par elle, les mondes possibles de la culture, les biens communs de la connaissance, nos vies», écrit Marie D. Martel sur son blogue Bibliomancienne, un espace de réflexion nécessaire sur le partage, la conservation et l’organisation de la mémoire du monde. Entre autres. Elle y expose au passage la complexité qui se cache derrière un tel exercice de diffusion en apparence très simple.
 
Le calendrier de l’avent du domaine public s’inspire d’un projet similaire menée en France où le travail des créateurs fait son entrée toutefois dans cet espace de liberté 70 ans après leurs décès.