Une convention de Genève pour les univers numériques?

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Le droit à la protection de la vie privée dans les univers numériques devrait-il être encadré par des traités internationaux comme le font les Conventions de Genève pour les droits humains fondamentaux en période de conflits armés? Oui, répond le premier rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à la vie privée, le professeur Joseph Cannataci, dans les pages du quotidien britannique The Guardian.
 
Selon lui, la surveillance massive et désormais institutionnalisée des internautes par les gouvernements place l’humain connecté dans un environnement «pire» que celui imaginé par l’écrivain George Orwell dans son célèbre roman d’anticipation dystopique 1984. Ce cadre numérique, et les dérives qu’il induit, appelle,dit-il, à l’adoption de lois universelles afin de combattre les dérives liberticides que peuvent faire émerger ces nouveaux régimes de surveillance.
 
Ce professeur de droit des technologies à l’Université de Groningen aux Pays-Bas et directeur du département de politique d’information et gouvernance à l’Université de Malte estime également que le présent en mutation convoque des campagnes plus que nécessaires pour sensibiliser les acteurs commerciaux du numérique, les gouvernements et les internautes au respect des droits humains, dont la vie privée est une des composantes.
 
Critique face au développement risqué et dans l'aveuglement général d’une société de la surveillance électronique, l’homme avoue d’ailleurs ne pas avoir succombé à l’appel des réseaux sociaux qui selon lui, participent sournoisement, entre alliant gratuité à collecte de données, à cette mise en péril de l’humanité par l’espionnage passif des masses. «Certaines personnes se plaignent de ne pas me trouver sur Facebook ou sur Twitter, explique-t-il. Depuis que je crois en l’importance de la vie privée, je ne ressens pas le besoin d’y être présent».
 
Joseph Cannataci a été nommé rapporteur spécial des Nations Unies en juillet dernier, pour un mandat de trois ans.