Un «Nobel alternatif» pour Edward Snowden

Il n'a pas eu le vrai, mais il a désormais l'alternatif. Lundi, Edward Snowden, ex-analyste de la NSA par qui le scandale des écoutes électroniques massives et institutionnalisées est passé, s'est fait remettre à Stockholm le Right Livelihood Award, sorte de Nobel décerné depuis 1980. L'homme, toujours exilé en Russie, n'était pas physiquement présent au Parlement de Suède où la cérémonie a eu lieu.



«M. Snowden, votre Right Livelihood Award vous attend, a résumé Jakob Von Uexküll, créateur de ce prix qui, même s'il s'en inspire, n'est aucunement lié à l'organisation des Nobel. Plusieurs députés suédois étaient présents à la cérémonie. Nous comptons sur la Suède pour qu'elle fasse tout en son pouvoir pour que vous puissiez venir chercher cette récompense dans un avenir rapproché».

Selon M. Von Uexküll, le gouvernement suédois ne voit pas forcément d'un bon oeil, d'un point de vue diplomatique, cette reconnaissance accordée à Snowden, toujours considéré comme un traitre par les États-Unis. L'homme a porté au grand jour les tactiques plutôt discutables de surveillance des citoyens ordinaires orchestrées par les services secrets américains, avec la complicité de plusieurs autres services de renseignements dans le monde, dont ceux du Canada.

Ce Nobel alternatif, rappelle The Guardian, a été remis à Snowden «pour son courage et sa capacité à avoir révélé l'étendue sans précédent de la surveillance étatique qui viole les processus fondamentaux des démocraties et les droits constitutionnels», a indiqué le père de ce prix international.

Le Britannique Alan Rusbriger, pour avoir initié un réseau de journalisme versé dans la défense de l'intérêt public et la mise à jour des comportements antidémocratiques des gouvernements et organisations, était également en lice pour ce prix. Tout comme Asma Jahangir, du Pakistan, promoteur des droits humains, et l'Américain Bill McKibben, militant anti-climatoscepticisme.
2 commentaires
  • Michaël Lessard - Abonné 3 décembre 2014 14 h 22

    Ces propos sont reconnus mondialement dont par les agences

    C'est en effet un tour de force.

    C'est accusations ou divulgations sont reconnues par les médias et même les agences de renseignement et agences policières ont finalement reconnu la véracité de ses propos.

    On sait maintenant que vous soyez honnête ou non, vos messages privés Facebook, courriels privés/confidentiels, vidéo-discussions Skype privés, etc., sont visibles par les agences sans mandat judiciaire. Cela viole les termes de service entre les entreprises concernées et les citoyen-nes...

    Surtout, les révélations démontrent que le « contrat social » —les principes de justice de base que les sociétés démocratiques se donnaient— est violé.

  • Claude Lemire - Abonné 3 décembre 2014 16 h 32

    Il aurait pourtant bien mérité le vrai prix Nobel

    Monsieur Snowden a rendu un service immense au monde entier en faisant connaitre le système mondial d'espionnage mis au point par les USA et plusieurs pays occidentaux.
    Il faut absolument aller voir le film CITIZEN FOUR qui est présenté ces jours-ci au cinéma Ex-Centris.