Monica Lewinsky: 16 ans plus tard, la première victime d'humiliation sur le Web parle

L'effet du temps était sur le point de le faire oublier: Monica Lewinsky, ex-stagiaire à la Maison-Blanche qui, en 1998, a défrayé la chronique après une incartade torride avec le président américain de l'époque, Bill Clinton, aura également été la «première victime d'humiliation généralisée sur le Web». Une première peu glorieuse dans l'histoire du numérique, mais dont la jeune femme cherche aujourd'hui à tirer profit, écrit-elle dans les pages du Vanity Fair, et ce, pour donner une autre direction à sa vie marquée depuis 16 ans par une partie de jambes en l'air, un peu comme une robe bleue par une tache blanche.

À 40 ans, la jeune fille, bien en chair et parfois en béret, a accepté de revenir, par elle-même, sur sa relation avec Bill et sur les conséquences que tout cela a eu sur son existence. Le silence est brisé dans un papier exclusif, intitulé «Honte et survie», qui va être publié dès le 8 mai en ligne et cinq jours plus tard en format imprimé.

16 ans après les faits, Mme Lewinsky justifie son geste, écrit-elle, par l'envie de passer à autre chose en «brulant son béret [qu'elle portait lors d'une célèbre accolade en public avec le président] et en enterrant pour de bon la robe bleue [pièce à conviction de l'échange charnel sur laquelle de la semence présidentielle a été retrouvée]». Ces éléments ont façonné le «Monicagate», comme on l'a nommé à l'époque, mais également marqué fortement l'imaginaire collectif, aux États-Unis comme ailleurs dans le monde.

Elle écrit: Il est temps d'arrêter «de tourner autour de mon passé — et de l'avenir d'autres personnes. Je suis déterminé à écrire une autre fin à mon histoire. J'ai décidé, finalement, de lever ma tête au dessus du mur pour reprendre le contrôle du récit de ma vie et pour donner un sens à mon passé». Elle ajoute: «Je regrette profondément ce qui s'est passé entre moi et le Président Clinton. Laissez-moi le marteler: Je. Regrette. Profondément. Ce qui s'est passé».

Monica Lewinsky dit mûrir cette décision, ce retour sur le devant de la scène, depuis près de 4 ans, et ce, après avoir été bouleversée par le suicide du jeune Tyler Clementi, 18 ans. Une vidéo le montrant en train d'embrasser un homme avait été diffusée sur Internet quelques jours plus tôt. L'événement a fait remonter le passé de l'ex-stagiaire à la surface en lui rappelant qu'elle aussi a vécu en 1998 l'angoisse, l'humiliation sur la place publique, l'envie de mettre fin à ses jours. Elle n'a pas été la personne la plus humiliée au monde, écrit-elle, mais grâce au Drudge Report [ce bulletin internet qui a été le premier à mettre l'affaire sur les rails de la controverse], j'ai été aussi, certainement, la première personne dont l'humiliation a été alimentée à l'échelle mondiale par Internet».

La femme adultère dit avoir eu envie, après avoir pleuré la mort de Clementi, de partager son histoire, sa souffrance, de manière «à aider d'autres personnes à composer avec les moments sombres qui accompagnent pareille humiliation».

Ce nouvel emploi, dont elle ne sait pas trop quelle forme il pourrait bien prendre, serait toutefois être un des seuls qu'elle puisse exercer: Lewinsky raconte en effet que, depuis 16 ans, sa recherche d'emploi se solde régulièrement par des échecs, la faute à son passé avec lequel les employeurs ont peur de composer, alimentant une roue de l'humiliation dont la jeune fille risque de prendre du temps à sortir...
6 commentaires
  • Louis Saint-Just - Inscrit 8 mai 2014 05 h 49

    M. Deglise, pourquoi qualifiez vous une femme de 40 ans de «jeune fille» ?

  • Zahra Badaroudine - Inscrite 8 mai 2014 07 h 49

    Précision

    L'adultère, dans la relation Clinton-Lewinsky, c'est Clinton. En effet, l'adultère, c'est celui qui viole son serment de fidélité. L'autre personne, c'est l'amante, la maîtresse, l'aventure d'un jour. Monica Lewinsky n'est donc pas "la femme adultère".

    • Robert Henri - Inscrit 8 mai 2014 08 h 53

      Précision : Monica Lewnisky est adultère puisqu'elle est volontairement complice de celui qui rompt son serment. Elle savait parfaitement que son amant était marié. Elle partage la coulpe présidentielle.

    • Dominique Cousineau - Abonnée 8 mai 2014 18 h 56

      Bien, en fait, en français, c'est Zahra Badaroudine qui raison. Ce sont les anglais qui donnent à ce mot un sens plus large. http://fr.wikipedia.org/wiki/Adult%C3%A8re Pour le reste, dans mon livre à moi, c'est effectivement la personne qui s'est engagée à être fidèle envers quelqu'un d'autre qui commet quelque chose de répréhensible. Mme Lewinsky ne méritait pas d'être traînée dans la boue.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 10 mai 2014 07 h 08

      Les voeux de fidélidé et de chasteté, on sait qu'est ce que la majorité des humains peut en faire face à la puissance de la nature.
      Alors l'adultère que ce soit Monica ou Bill, il y a eu séduction de part et d'autres, l'émotion vive et passagère s'est manifestée et les deux n'ont pu y résister.

  • Grace Di Lullo - Inscrit 9 mai 2014 19 h 16

    Lewinsky

    à M.Saint-just, à 40 ans ce n'est pas une jeune fille, mais ce n'est pas non plus la sénescence.

    à Mesdames Cousineau et Badaroudine, vous avez raison. Mme Lewinsky ne méritait pas ce lynchage médiatique.

    Il ne faudrait jamais dans l'analyse de cet évenement, le beau couple amoureux Clinton, un duo de féroces animaux politiques. Arrivés à Washington, ils n'étaient pas leurs premeirs scandales.