Internet.org: nouvelles visées mondialistes de Mark Zuckerberg

Photo: Internet.org

Il a fait entrer la socialisation dans l'ère du numérique et de la dématérialisation avec son épidémique Facebook. Aujourd'hui, Mark Zuckerberg, président et fondateur de la multinationale américaine, souhaite multiplier le nombre de ses ouailles en allant les chercher dans les pays en voie de développement. Et pour ce faire, il vient de mettre en place Internet.org, un organisme en apparence humanitaire, dont la vocation est d'apporter l'Internet aux cinq milliards d'humains sur terre qui n'a pas accès à cette Toile. De manière franchement intéressée.

Lancé mardi soir aux États-Unis, Internet.org confirme que l'entrepreneur à la gueule d'adolescent a décidé de mettre le paquet pour arriver à ses fins: il a entrainé avec lui dans cette aventure six géants des télécommunications qui en chœur se donnent désormais la mission d'assurer l'accès à Internet partout sur terre, y compris dans les coins les plus reculés et les moins développés de la planète. Ericsson, Nokia, Qualcomm et Samsung sont du nombre.

Dans une entrevue accordée à CNN, Zuckerberg expose son plan. Selon lui, la mise en réseau de l'ensemble de l'humanité est inévitable pour favoriser la construction de démocraties saines, pour sortir les peuples éloignés de l'obscurantisme et stimuler le libre choix des individus.

Il n'a pas totalement tort. Régulièrement, l'ONU insiste d'ailleurs sur le fait que l'accès à Internet, même s'il induit dans les sociétés modernes et confortables l'échange d'une masse astronomique de futilités conjuguées au temps du «je», n'en demeure pas moins, en matière de développement humain, un droit fondamental — au même titre que l'accès à l'eau potable — plutôt qu'un privilège. Un droit que les deux tiers des habitants du globe n'ont toujours pas.

L'organisation, mise sur pied par Zuckerberg, compte atteindre son objectif de branchement universel en favorisant l'accès à Internet par l'entremise des appareils mobiles, mais également en réduisant les volumes de données numériques nécessaires pour communiquer, histoire de rendre les communications plus efficaces et plus abordables dans les pays où les infrastructures difficile à déployer et souvent sous pression. Entre autres.

«Il y a une énorme barrière à franchir dans les pays en développement pour avoir accès à l'économie du savoir et à l'Internet, explique l'homme d'affaire et principal acteur d'une mutation sociale et technologique sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Internet.org va permettre de surmonter ces contraintes en rendant l'Internet accessible y compris chez ceux qui ne peuvent se l'offrir».

Le projet devrait également servir les intérêts de Facebook dont le prosélytisme sur les marchés développés a d'ores et déjà permis à l'entreprise d'atteindre un point de saturation en matière d'abonnés, estiment plusieurs observateurs des mondes numériques. Du coup sa croissance, pour faire sourire ses actionnaires, passe désormais par le tiers restant de la planète chez qui il faut désormais faire émerger ce nouveau besoin de s'exposer, de commenter, de photographier, de partager, en tout temps, peu importe l'endroit où l'on se trouve, en commençant toutefois par mettre en place l'environnement technique nécessaire pour commencer à en rêver.

 

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