Les jeunes face au livre: branchés, mais pas totalement déconnectés

Sale temps pour les idées reçues! Même s'ils sont passablement accrochés à un réseau numérique, les jeunes Américains n'en délaissent pas pour autant le plaisir de se perdre dans une bibliothèque pour y trouver des livres imprimés sur du papier. C'est en tout cas ce que révèle une étude du Pew Research Center dévoilée ce mardi, comme pour mieux mettre en perspective les grandes critiques de la modernité.

Les jeunes de 16 à 29 ans aiment la vie dans sa forme dématérialisée, c'est vrai, mais ils sont aussi plus nombreux que les représentants des générations qui les précèdent à avoir lu un livre imprimé sur du papier: 75 % disent avec eu ce rapport suranné à l'objet littéraire, au moins une fois dans la dernière année, contre 64 % pour les 30 ans et plus, indique l'étude intitulée Younger Americans' Library Habits and Expectations — La jeunesse américaine et les bibliothèques: comportements et attentes — et dont la version intégrale peut être consultée ici.

La fibre est peut-être malmenée par le présent, mais les jeunes accrochés à leur téléphone dit intelligent, qu'ils sont 65 % à posséder ou à leur tablette numérique — 34 % en ont une —, n'en sont donc pas les seuls et uniques responsables, même si, poursuit l'étude, tout en honorant le livre imprimé sur du papier, ils rêvent à des bibliothèques forcément plus en harmonie avec leur présent connecté.

Des chiffres? 91 % des fiers représentants de cette tranche d'âge estiment que les institutions publiques versées dans le savoir et le prêt de mots devraient accroitre leur offre de livres en format numérique. Dans une même proportion, ils espèrent également l'apparition d'un plus grand nombre de programmes d'apprentissage interactifs, alors que 80 % appellent à plus de services en ligne, consultable depuis la maison ou par l'entremise d'un appareil mobile.

«Les moins de 30 ans sont bel et bien ancrés dans l'ère numérique, mais ils continuent à avoir une relation très forte avec les médias imprimés et ont une grande affinité avec le monde des bibliothèques», peut-on lire dans le rapport. Et les bibliothécaires, au pays de Barack Obama du moins, ne devraient certainement pas s'en plaindre: 80 % de ces jeunes préfèrent de loin avoir des contacts avec des humains plutôt que des machines pour trouver de l'information et des documents en ces lieux, même si, d'un autre côté, ils estiment très important d'avoir dans les bibliothèques des ordinateurs offrant un accès gratuit à Internet.

Les chantres du tout dématérialisé et promoteurs de bibliothèques sans livres — oui, oui, il y en a! — pourraient eux devoir ajuster leur utopie: trois quarts des 16 à 29 ans affirment qu'il est très important pour une bibliothèque d'offrir des livres à emprunter. Le contraire, en effet, aurait été inquiétant...






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