L'avenir de la conquête spatiale passe-t-il par le socio-financement?

La question se pose désormais et surtout depuis que la compagnie américaine Planetary Resources vient de «lever» un premier million de dollars pour la construction de son télescope spatial. Particularité de l'exercice: près de 12 950 internautes ont financé la chose en répondant à un appel au sociofinancement — crowdfunding, comme on dit dans les pages du très british Guardian — lancé sur le site Kickstarter.

Entre un projet de livre illustré, la création d'une entreprise de recyclage ou encore l'achat d'ordinateurs pour une école, le projet de télescope spatial, baptisé ARKYD, vient donc d'amener la conquête spatiale aux confins d'un nouvel univers, celui du financement par la foule et du partage des coûts et des risques par des masses d'internautes, et ce, alors que les canaux publics traditionnels de financement des grands projets collectifs tarissent.

Le million, souligne le quotidien de Londres, a été assemblé en moins de 9 jours à coup de 10$ et 10 000$ par une communauté d'investisseurs visiblement séduit par cette idée de construction du premier télescope spatial public — c'est comme ça que la compagnie américaine le présente.

«Le ARKYD est conçu pour être ludique, interactif et accessible à tous, peut-on lire sur le site Kickstarter. Cet accès direct à un satellite est sans précédent. Nos investisseurs vont être les premières personnes dans l'histoire à avoir le contrôle d'un télescope spatial public».

Les personnes qui ont versé 500 $ vont avoir la chance de pouvoir pointer l'appareil sur n'importe quel corps céleste — à part le soleil, précise-t-on — et en recevoir une image à très haute définition. Ceux qui ont déboursé 5000 $ vont être invités au lancement du satellite, mais également voir leur nom inscrit sur la fusée utilisée pour placer le télescope en orbite.

En phase directe avec son présent et avec ses contours en mutation, Planetary Resources explore donc ici un nouveau champ de l'économie, sans surprise d'ailleurs. Fondée en 2009, la compagnie compte dans sa liste d'investisseurs Larry Page et Eric Schmidt de l'empire Google ainsi que le milliardaire américain Ross Perrot jr.
4 commentaires
  • Yvan Dutil - Inscrit 22 juin 2013 08 h 47

    1 millions ce n'est pas un milliard.

    Le prix des satellites se chiffre en centaines de millions avec des millions de dollars de dépenses opérationelles. Il ne faut pas rêver, ce genre d'entreprise ne fera pas long feu.

    • Patrick Lépine - Inscrit 22 juin 2013 09 h 22

      Un père et son fils ont obtenu des vidéos et des images spatiales avec un ballon sonde et un iphone...

      Peut-être que le frein à l'exploration et la découverte spatiale est constitué par les soi-disants experts eux-mêmes et les salaires qu'ils réclament?

    • Yvan Dutil - Inscrit 25 juin 2013 07 h 27

      Il y a une GROSSE différence entre prendre des images à basse résolution couleur dans le visible et prendre des images géoréférencées à haute résolution multibande avec un système de communication conséquent.

      La différence est du même de grandeur qu'entre une bicyclette et une formule 1.

  • André Lefebvre - Inscrit 22 juin 2013 13 h 59

    Socio-financement???

    Ça me semble une approche "délicate" vers la notion "d'utilisateur-payeur" qui nous fera payer les services utilisés tout en continuant de nous taxer pour les mêmes services.

    Les "socios" paye déjà leur part. Merci.

    André Lefebvre