Des «surveillés» indignés veulent rire de la NSA... à 19h mercredi

Surveillés, mais aussi indignés. Deux jeunes Américains ont décidé de s'amuser de la surveillance des citoyens par les services secrets des États-Unis, pour mieux la dénoncer. Comment? En lançant l'opération Troll the NSA — hameçonner la NSA, la National Security Agency.

L'expression numérique de la contestation doit prendre forme collectivement ce mercredi à 19h, heure normale de l'est, et ce, dans la foulée des révélations faites sur le programme d'écoute du quotidien des Américains par le gouvernement.

Initié par Chris Baker et Mike Lacher, deux employés de BuzzFeed, un site qui carbure à la «viralité» du Web, le projet affiche clairement ses couleurs sur un espace en ligne qui a fait son apparition dans les derniers jours: «congestionnons les scanneurs de la NSA!», peut-on y lire en guise d'introduction.

En gros, le duo invite les internautes à s'échanger en groupe et en même temps, à 19h mercredi soir, par tous les moyens électroniques à leur disposition, un message conçu pour faire «sonner» les équipements d'écoute de la NSA et du coup faire part à l'organisme fédéral que le citoyen est peut-être surveillé, mais il n'est pas dupe et en plus, il est outré.

Le texte fait référence, dans un ensemble en apparence banal et sans danger, à des lieux importants du territoire américain, «Manhattan», le «Golden Gate Bridge», le district financier de New -York et fait apparaitre également les mots «ricin», «radical» ou «école». Entre autres mot-clefs.

«Il serait fantastique que ces échanges massifs fassent réagir leurs systèmes, a résumé Chris Baker dans les pages numériques du Daily Beast. Mais l'objectif est surtout d'amener assez d'attention sur notre site et notre opération de manière à ce que la NSA prenne conscience de ce qu'elle fait et réfléchisse sur les gestes qu'elle pose».

L'opération Troll the NSA intervient quelques jours après les révélations-chocs faites par l'ancien analyste Edward Snowden sur l'existence d'un système de surveillance de l'ensemble des communications des citoyens américains par le gouvernement. Baptisé PRISM, ce programme, qualifié de liberticide, viserait autant les conversations téléphoniques que les échanges effectués dans les grands espaces de socialisation en ligne, comme Facebook, Google, Apple et consorts. Il a été mis en place par l'administration Bush après les attentats du 11 septembre 2001 et a depuis été reconduit par son successeur Barack Obama au nom de la sécurité nationale et de lutte contre le terrorisme.

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