Littérature en ligne: l'actualité donne un autre souffle au «1984» d'Orwell

C'est ce qu'on appelle un lien de cause à effet. Alors que le présent vibre — une nouvelle fois — sous les révélations de surveillance électronique massive orchestrée par l'administration Obama, dans la foulée de décrets un brin liberticides adoptés par George W. Bush, le bouquin 1984 de George Orwell connait un regain de popularité sur le site du libraire dématérialisé Amazon. Publié en 1949, ce récit d'anticipation a fait apparaitre dans l'imaginaire collectif la figure de Big Brother, métaphore d'un État ultra policé par l'entremise de la technologie.

Selon les informations diffusées sur le site de la multinationale américaine, le 1984 d'Orwell attire à nouveau les regards des internautes qui, depuis la fin de semaine dernière, ont fait grimper ce classique de l'angoisse et de la critique sociale au 20e rang des livres ayant le plus progressé dans le palmarès des ventes. L'édition rassemblant sous la même couverture ce morceau d'anthologie de la science-fiction du XXe siècle avec le roman La ferme des animaux, cette critique des dérives du pouvoir publié quatre ans plus tôt, est pour sa part, en date d'aujourd'hui, au 17e rang des livres le plus en mouvement dans les entrepôts du célèbre libraire.

L'oeuvre prophétique d'Orwell, dont le titre et les composantes narratives principales sont régulièrement évoqués dans les débats portant sur les atteintes à la liberté et à la vie privée découlant de la numérisation de l'activité humaine, refait surface, souligne l'AFP, en marge des révélations faites dans les derniers jours par Edward Snowden, ancien agent américain du renseignement aux communications électroniques à propos des programmes gouvernementaux de surveillance des citoyens américains. Mis à jour dans les pages du Guardian et du Washington Post, ces programmes viseraient la collecte et l'entreposage par les services secrets américains des données circulant sur l'ensemble du réseau de téléphonie vocale, mais également sur la plupart des grands espaces d'échange, d'information et de socialisation de l'Internet: Facebook, Google, Yahoo, Skype, Apple et les autres.

Cette surveillance passive-active, secrète jusqu'à cette fuite, a été instaurée par l'administration Bush au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Malgré les critiques, elle est toujours jugée pertinente par le très démocrate Barack Obama pour assurer la sécurité des États-Unis et pour lutter contre le terrorisme, a-t-il soutenu dans les derniers jours. Des mauvaises langues soulignent toutefois que cette intrusion massive dans la vie privée des Américains n'a pas permis d'éviter les attentats de Boston en avril dernier. Ces mêmes détracteurs se demandent du coup si la contrainte collective mérite d'être subie pour donner ce genre de résultats.



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