Les adolescents se détournent de Facebook au profit de Twitter

Il y a peut-être là le début d'une tendance. Aux États-Unis, les jeunes adeptes des réseaux sociaux numériques se détournent de plus en plus de Facebook pour emporter leurs pénates dématérialisés sur Twitter. La trop grande présence d'adultes, mais également de conversations à l'intensité souvent trop dramatique sur le premier réseau seraient à l'origine de cet exode, indique le Pew Research Center dans une étude publiée mardi.

Photographie statistique des comportements adolescents dans les univers numériques, l'enquête menée auprès de 802 parents et 802 jeunes entre juillet et septembre dernier indique que les internautes affligés par l'adolescence, comme dirait l'autre, sont toujours très actifs en ces lieux, mais commencent aussi à changer quelques habitudes.

Oui, ils possèdent dans une grande majorité une existence sur Facebook, l'épidémique réseau social, mais y consacrent également moins de temps que par le passé. Ils sont par contre un peu plus présents sur Twitter: un quart y a créé un avatar en 2012, contre 16 % un an plus tôt.

Le Pew Research Center a cherché à savoir pourquoi. «La clef, c'est qu'il y a [accroché à leur compte Twitter] moins d'adultes, moins de parents, mais aussi que l'endroit offre moins de complexité et moins de dramatisation dans les échanges, résume Amanda Lenhart, co-auteure de l'étude. Ils se déplacent aussi, pour ces mêmes raisons, vers des réseaux comme Instagram ou Tumblr [d'autres réseaux de partage en ascension dans les mondes de la dématérialisation].»

En mutation dans la mutation technologique en cours, ces adolescents se distinguent par ailleurs par la très grande quantité d'informations personnelles qu'ils divulguent en ligne, précise le rapport. Le phénomène est même en croissance, selon des chiffres sans équivoque: 91 % des jeunes ont partagé des photos d'eux en 2012, contre 79 % en 2006. Ils sont aussi 71 % à dévoiler le nom de leur école (49 % en 2006), 71 % à donner le nom de la ville où ils résident (61%), 53 % à répandre leur adresse de courriel (29%) et 20 % à même transmettre leur numéro de cellulaire. Ils étaient 2 % a le faire six ans plus tôt.

Et tout ça est fait avec la très grande insouciance qui accompagne généralement cette étape de la condition humaine. Et comment! L'utilisation de ces données par des tierces parties ne semble en effet pas être une préoccupation pour cette jeunesse branchée: à peine 9% des répondants ont exprimé ouvertement une inquiétude à ce sujet. Dans une enquête dont la marge d'erreur est de plus ou moins 4,5%, ça ne fait pas beaucoup.