Respect de la vie privée: les nouveaux gardiens de nos intimités sévèrement notés

Ils sont gros, puissants, mais pas forcément respectueux de la vie privée de ceux et celles qui les font grossir. Les compagnies Apple, Yahoo et même Verizon s'illustrent aujourd'hui comme de bien piètres gardiens des données numériques liées à leurs usagers, et ce, devant les tentatives d'intrusions faites par les autorités policières ou gouvernementales. À l'inverse, le site de microclavardage Twitter se démarque, dans ce présent en mutation, comme un fin protecteur de ses millions de fidèles.

C'est en tout cas ce qui ressort d'un bulletin de notes que vient d'attribuer l'Electronic Frontier Foundation (EFF), un organisme versé dans la défense des droits et libertés dans les univers numériques, aux grandes compagnies du numériques qui meublent désormais notre quotidien. L'évaluation reposait sur l'analyse de six critères de protection de l'intimité et de collaboration de ces entreprises avec le pouvoir politique ou judiciaire.

Le rapport complet qui découle de cette démarche est disponible pour téléchargement ici.

Dans les grandes lignes, l'EFF a scruté les politiques et pratiques de ces géants de la communication et de la nouvelle socialisation pour voir s'ils exigent, entre autres, des mandats judiciaires avant de transmettre des données numériques portant sur leurs abonnés. Préviennent-ils les usagers des demandes judiciaires qui les ciblent? Publient-ils des rapports sur ces demandes? Défendent-ils les droits numériques de leurs abonnées, devant les tribunaux ou devant le Congrès américain? Et pour toutes ces questions, l'organisme distribue des étoiles, ou pas.

Au chapitre des pires, Verizon, un fournisseur d'accès aux univers numériques aux États-unis principalement, fait école avec zéro étoile, pas très loin d'Apple, d'AT&T et de Yahoo qui n'en ont reçu qu'une seule. Amazon, le libraire qui n'hésite pas à partager avec les autorités la liste des achats effectués par ses clients — ce n'est qu'un exemple —, récolte deux étoiles, tout comme MySpace d'ailleurs, qui devrait lui aussi refaire ses devoirs pour mieux maitriser les notions d'imputabilité, de respect, de confiance et replonger dans l'histoire de la délation et ses conséquences.

Chez les meilleurs, Twitter trône au sommet de ce palmarès avec six étoiles obtenues en matière de respect et défense de la vie privée de ses abonnés. L'entreprise est talonnée par DropBox — un service de gestion dématérialisé de documents souvent très personnels — et même par Google dont le bulletin de notes a été décoré de 5 étoiles par l'EFF.

Facebook se retrouve dans le milieu de la liste avec 3 étoiles.

En apparence ludique, cet exercice de notation va bien sûr au-delà d'un simple alignement d'étoiles. Dans un monde où les échanges entre humains sont de plus en plus numériques, où les fragments de vie, les confidences, les préoccupations, les aspirations de millions de personnes à travers le monde nourrissent désormais en codes binaires des serveurs informatiques, propriétés de grandes multinationales — souvent américaines d'ailleurs —, ce bulletin de notes vient également mettre en relief les risques de dérives liberticides, d'intrusions dans la vie privée, de contrôle social par la donnée numérique, si bien sûr on décide de ne pas trop s'en préoccuper, ce que l'EFF n'a visiblement pas décidé de faire.