Démocratie 2.0: des données ouvertes pour suivre ses élus municipaux à la trace

Anticiper pour mieux surveiller. L'organisme Nord Ouvert annonce l'apparition dans les prochains mois d'un nouvel outil numérique, fondé sur le principe des données ouvertes, qui va permettre aux citoyens des villes de Montréal, Toronto et Ottawa de mieux suivre, à distance par l'entremise de leur tablette ou leur ordinateur, les activités, les prises de décision et/ou absences et incohérences de leurs élus municipaux.

Baptisé MaMairie.ca, le projet est sur les tables à dessin depuis plusieurs mois. Il attend en partie la libération par les municipalités de plusieurs jeux de données non nominatives portant sur la vie démocratique, comme le procès verbaux des réunions et comités, la version numérique de l'agenda des élus, les données sur leurs votes..., mais également une dernière ronde de financement pour laquelle l'organisme, bien de son temps, vient de lancer un appel aux dollars sur le site de sociofinancement Indiegogo. C'est un espace dédié au financements de projet par les masses, un dollar à la fois.

Dans les grandes lignes, MaMairie.ca souhaite devenir un de ces lieux de construction d'une nouvelle vie démocratique, celle qui rêve de se jouer dans les univers numériques. Comment? En donnant la chance aux citoyens d'être mis au courant, en temps réel, de la teneur des discussions sur des enjeux qui les touchent de près, de communiquer publiquement avec leurs élus, «pour créer une mémoire collective parmi les électeurs et ainsi contraindre les politiciens à tenir parole» ou encore de dialoguer avec d'autres citoyens sur leurs préoccupations, angoisses, souhaits ou craintes de voir un bâtiment patrimonial placé une énième fois dans la mire de promoteurs immobiliers et de fonctionnaires municipaux complaisants. En gros.

Pour James McKinney, directeur général de Nord Ouvert, «quand les citoyens participent activement aux prises de décision à la mairie, nos élus prennent de meilleures décisions. Nos villes sont ainsi plus sûres, plus saines, plus intelligentes et plus agréables.»

Le projet MaMairie.ca s'inscrit naturellement dans la logique du logiciel libre en s'appuyant sur un environnement logiciel à code ouvert développé aux États-Unis par la Participatory Politics Foundation (PPF) avec laquelle l'organisme québécois a signé une entente de collaboration. La PPF se prépare à lancer des outils similaires, OpenGovernment.org, à San José, Philadelphie et Washington D.C.

Nord Ouvert rappelle sur son site Internet que «les municipalités sont responsables de la majorité des services utilisés quotidiennement par les citoyens, que ce soit les routes, les écoles, les parcs ou la gestion des déchets», mais que «les citoyens n’ont toutefois pas les outils pour participer directement au processus de prise de décision.» Un vide que l'organisme n'aime pas et qu'il souhaite désormais combler.

2 commentaires
  • Frédéric Jeanbart - Abonné 20 mars 2013 20 h 04

    Projet crédible, mais...

    Pas négatif, mais perplexe... Tentative de capitaliser sur les bases de données entretenues et payées par nos taxes? Serait-ce une OSBL en diapason avec le projet OpenGovernment de PPF dont elle dépend, qui par ailleurs est toujours en phase de développement? Qeul est leur modèle d'affaire?

    Aux USA, PPF est une OSBL développant de l'OpenSource (domaine public selon la GPL). Avec une ou des entreprises à buts lucratifs pour les activités connnexes d'offre de services envers les divers états qui instorent la transparence, ou tel un service gratuit et autonome comptant sur les dons (OSBL). Mais pas en tant que propriétaires de données tentant de rentabiliser ces dernières, sinon bonjour l'"OpenCorruption" ("OpenCongress" est leur projet pilote en les états du Texas, Louisianne, Maryland, Minnesota, Wisconsin et Californie).

    Ils comptent sur l'accessibilité préalable aux données étant considérées "publiques" par le cadre politique, or chez nous c'est justement là que la bât blesse. On peut communiquer avec les élus, les moyens sont accessibles pour qui fait l'effort d'aller sur un site Web. Mais pour le reste, il faudrait que Le cadre politique et législatif exige formellement la transparence et l'offre de moyens d'accès selon des normes prédéfinies de structure de l'information, à défaut qu'ils ne soient fournis par le ministère ou un organisme para-gouv. désigné : ce devrait être systémique. Il suffirait ensuite d'engager les compétences à soit à l'interne, soit en sous-traitance (par ex. cette firme dont M. James McKinney est le DG, ou directement le PPF via une entreprise de services locale).

    Tout dépend de l'accès public à la source finalement, pas de l'offre individuelle pour un marché ciblant ce public : ce n'est pas l'outil qui est la fin en soit ni qui puisse être garante de quelque transparence. Car autrement, le journalisme d'enquête est une carrière en soit, et est assez occupé par les temps qui courent...

  • Pierre Legault - Inscrit 21 mars 2013 09 h 21

    Perplexe aussi

    Quand on voit ce que l'arrondissement a créé en concert avec Nord Ouvert, ou le maire se sert d'un simulateur de budget pour nous faire choisir entre nettoyer des bouches d'égout ou de fermer les piscines publique, sans inclure dans ce Simulatre budgétaire, ses dépenses inutiles, comme remplacer l'asphalte dans les parcs par de la poussière de Roche... ou mettre des Millions sur une sortie de métro.

    J'ai donc maintenant une une petite réserve sur ce qu'on apelle "Les Données Ouvertes".
    Ma vision, serait que TOUT soit publique... pas seulement ce que nos élus veulent bien nous montrer