Chine: des droits de suite pour lutter contre la contrefaçon dans l'art

Derrière une sculpture de Sui Jianguo, des visiteurs consultent le catalogue d'une enchère tenue à Hong Kong en novembre dernier
Photo: Kin Chueng/AP Derrière une sculpture de Sui Jianguo, des visiteurs consultent le catalogue d'une enchère tenue à Hong Kong en novembre dernier

Les mutations tranquilles, c'est aussi ça: la Chine, que l'on aime percevoir comme un territoire arriéré et fermé, envisage pour l'avenir de son milieu artistique l'adoption d'une politique de «droit de suite». La mesure, en vigueur dans une soixantaine de pays à travers le monde à ce jour, viserait à lutter contre la contrefaçon, selon Beijing, tout en faisant entrer l'Empire du Milieu dans la modernité.

L'intention chinoise est détaillée dans les pages numériques du Art Newspaper. Cette idée de pourcentage versé à un créateur au moment où son oeuvre change de main — dans le cas d'une vente aux enchères, par exemple — vient d'être inscrite dans la version préliminaire de la nouvelle loi chinoise sur le droit d'auteur et la propriété intellectuelle, rappelle la publication en précisant que le Conseil d'État de Chine se prépare dans les prochaines semaines à en débattre. La loi actuelle remonte à 1991.

Dans les grandes lignes, ce droit de suite pourrait s'appliquer à l'art pictural, la photographie, mais également la littérature et les partitions musicales.

Même si elle vient pallier un vide légal en la matière, ce principe de protection des droits d'auteur, importé de France, est vu d'un très bon oeil par les milieux culturels chinois, mais un peu moins par le monde des maisons d'enchères qui estime que cela va créer un frein au développement de leur industrie. «Cela va réduire l'intérêt des acheteurs et des collectionneurs pour l'art», a commenté cette semaine le grand encanteur Gan Xuejun,  sur le site Sina Weibo, le Twitter des Chinois.

Les mutations, même tranquilles, ne font jamais vraiment l'unanimité.

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