Un corps de police numériquement plein d'humour

Non, ça ne se passe pas à Montréal, où le service de police de la ville a décidé mardi de changer d'uniforme, en grande pompe, comme pour mieux détourner les regards sur une image moins reluisante induite par une combinaison numérique à trois chiffres: 728. Ça se passe plutôt à Oslo, dans cette Norvège que l'on aime bien ériger en modèle: cette semaine, les policiers ont été honorés pour avoir produit le « meilleur tweet de l'année », et ce, pour un message informatif alliant humour, malentendus et insinuations. Marrant.

« Avons été informés d'un tapage nocturne avec cris de femmes, a écrit dans les dernières semaines la police d'Oslo sur le compte Twitter officiel (@oslopolitiops) lié à son centre opérationnel. Sur place, constatons fête d'infirmières. Quittons bientôt les lieux.»

En moins de 140 caractères, le corps de police a fait sensation à l'occasion du Social Media Days d'Oslo, un grand rassemblement des spécialistes de la nouvelle socialisation et nouvelle communication, qui a décrété que ce message méritait d'être surligné pour l'exemple. Même chose pour le compte qui lui a donné forme et que les Norvégiens branchés sont fortement invités à suivre... pour s'informer, mais également se divertir, à condition «de parler la langue», comme dirait l'autre.

C'est que la police d'Oslo ne manque pas d'humour, dans ses communications instantannées, comme le rappelle Libération dans ses pages électroniques en évoquant bien d'autres micromessages des forces constabulaires qui ont fait sourire la twittosphère l'an dernier. Morceaux choisis:

« Un véhicule intercepté sur soupçon de conduite en état d’ébriété. S’est avéré être un Grec conduisant pour la première fois sur les routes hivernales norvégiennes » (26 décembre).

Le 5 septembre, des plaintes sont déposées contre un musicien de rue du quartier central d'Oslo de Majorstua. Motif: l'homme « ne joue qu’une seule chanson » depuis plusieurs jours. « La police sur place lui intime d’élargir son répertoire », écrivent les policiers.

Trois jours plus tard, ils reviennent sur le même sujet : « Très calme aujourd’hui. Mais le musicien de Majorstua a recommencé [à  jouer la même chanson]. Une patrouille qui s’y connaît entre autres en accordéon dépêchée pour vérifier la qualité ». Sublime


Et bien sûr, après cette consécration, qui vient de faire le tour du globe, en passant par les réseaux sociaux — forcément —, le centre des opérations de la police d'Oslo gagnerait désormais à offrir des stages de formation à d'autres corps policiers à travers le monde.
 




3 commentaires
  • Jacques Morissette - Abonné 10 février 2013 13 h 57

    Chez les policiers, le sens de l'humour pour compenser peut-être la matraque?

    Mon petit doigt me dit que ces policiers norvégiens, avec ce sens de l'humour indéniable, ont peut-être mieux compris le concept de virilité. Pour ma part, autant les femmes que les hommes peuvent être virils. C'est plus une affaire de pertinence, que d'un taux élevé de testostérone.

    Tandis que pour d’autres corps policiers, ce n’est pas l’humour ou autre chose du genre qui pourrait compenser. C’est plutôt la matraque qui symbolise le mieux la virilité de leurs corps policiers. Autre chose aussi à propos de la matraque, c’est une bonne manière de gérer ses peurs, même si c’est fait au détriment de ceux qui la subissent.

  • Stéphane Aleixandre - Inscrit 11 février 2013 09 h 20

    Vitesse de réaction

    La police d'Oslo effectue là une opération de relation publique judicieuse et légère. Si les tweets sont drôles et sincères - bien que certains semblent être scénarisés - l'objectif demeure sérieux: redorer l'image d'une police qui a été mise en cause par une comission indépendante l'été dernier pour la lenteur de sa réaction lors de la tuerie de juillet 2011. Cette tragédie tristement célèbre est encore fraiche dans la mémoire des norvégiens et des policiers. La guérison est toujours lente. Avec ses tweets, la police d'Oslo témoigne d'une audace salutaire: elle s'humanise, elle fait preuve de jugement et de vitesse de réaction. Ces qualités devraient tenir en moins de 140 caractères dans tous les manuels d'instruction des froces de l'ordre.

  • jules langlois - Inscrit 11 février 2013 09 h 58

    Une police sans armes à feu

    Les polices l'Oslo en patrouille nne porte pas d,armes a feu. Elles sont rangées et cerrouillées dans la voiture. Pour les utiliser il faut une permission du chef de police.

    Désarmé les polices ont moins peur et sont plus détendus.
    Ça rend les rapports plus humains et au final leur travail plus efficace.
    Pour la sécurité de tous, désarmons les polices !!!