Le «mot-clic» du Québec pour remplacer le «mot-dièse» de la France?

Stupeur et ironie sur la twittosphère. Alors que la Commission générale de terminologie et de néologie en France vient de baptiser officiellement «mot-dièse» dans la langue de Molière le fameux «hashtag» popularisé par le réseau Twitter, les internautes français s'insurgent et ironisent. Mieux, plusieurs proposent même aux instances linguistiques françaises de faire marche arrière pour adopter à la place «mot-clic», une francisation du concept américain imaginé par l'Office québécois de la langue française (OQLF), il y a près de deux ans, en février 2011, et que la Commission aurait effectivement dû envisager, histoire d'éviter de faire l'unanimité contre elle.

Le quotidien Libération relate le petit débat numérique qui accompagne la publication mercredi dans le Journal officiel d'un décrêt de la Commission qui cherche à faire entrer le «mot-dièse» dans le quotidien des francophones, en remplacement du trop anglo-saxon «hashtag». L'un comme l'autre, ces mots font référence à une «suite signifiante de caractères sans espace commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d'intérêt et est insérée dans un message par son rédacteur afin d'en faciliter le repérage», précise l'organisme.

Pas vraiment convaincus par la qualité, ni la justesse de l'ersatz, les internautes se liguent depuis contre lui y allant de leurs contre-propositions. Il y a «croisillon» — le nom que l'on donne au symbole dièse (#) —, il y a «balise» — un terme déjà en usage en France pour parler de hashtag. Mais il y a aussi que «mot-clic» imaginé au Québec et qui sous sa forme #motclic gagnerait d'ailleurs dans les prochains jours à fédérer les contenus dans les univers numériques qui nourrissent actuellement cette autre polémique linguistique que l'on pourrait résumer en un mot-clic: #malaise. 


9 commentaires
  • Christian Le Corre - Inscrit 23 janvier 2013 11 h 28

    Décidément les "crétinautes" de la "twittosphère" n'ont aucune limite !
    Va-t-il falloir aussi réapprendre aux musiciens à lire leurs partitions pour qu'ils disent et pensent "clic" ou "croisillon" au lieu de "dièse" ? Au passage, "dièse", en Anglais, c'est "sharp".

  • Christian Le Corre - Inscrit 23 janvier 2013 13 h 21

    Exact, mais en théroie seulement (ou en écriture manuscrite), car le clavier de votre ordinateur ne fait pas la différence.

    • Mathieu Bouchard - Abonné 23 janvier 2013 19 h 53

      L'Unicode permet de faire la différence. Même si le clavier offre pas le dièse musical, on peut le trouver dans les tables de caractères. Ceux qui savent personnaliser leur clavier pourraient aussi assigner le dièse musical à une touche, s'ils le veulent. Par contre, les logiciels de musique que j'utilisais dans les années 90 utilisaient tous le croisillon à la place.

    • Adam Scott - Inscrit 23 janvier 2013 19 h 58

      Peut-être en écriture manuscrite, mais reste qu'un dièse (♯) pour musiciens reste un dièse et qu'un croisillon/carré (#) pour les numéros ou autre reste un croisillon/carré.

      Nulle urgence alors de renommer le symbole pour les musiciens.

  • Denis Plante - Inscrit 24 janvier 2013 07 h 32

    Si le duel

    était encore permis, le problème pourrait vite se régler. Les cliques s'affronteraient...

  • Bruno Falardeau - Inscrit 24 janvier 2013 13 h 20

    Ah ces Français...

    Je rêve du jour où l'on cessera de prendre la Commission générale de terminologie et de néologie au sérieux. Ils n'ont l'air la plupart du temps que d'une bande d'incompétents qui accouchent de propositions plus farfelues les unes que les autres, et ce, dans le seul but d'ignorer (par mépris et snobbisme) les propositions de l'OQLF.

    Pour ma part, et à titre de traducteur professionnel, j'utilise «mot-clic».

  • Frédéric Jeanbart - Abonné 25 janvier 2013 10 h 26

    Bon ok...

    M. Falardeau, attention : je ne voudrais pas faire affaire avec vos services de traduction sachant que vous vous vantez d'y aller de votre "touche" personnelle, à l'opposé des conventions! Aussi, vous ne traduisez que pour le Québec? Il faut dire que Nous avons de la difficulté avec la langue française au Québec depuis au moins une bonne dixaine d'années (ce problème existe depuis que l'école s'est mise en tête de transmettre le joual au lieu de la langue française, histoire de nous obliger à l'anglais "quand c'est sérieux" tellement le FR est pauvre), alors ce serait normal d'offrir vos services aux québécois, mais êtes-vous certain de vouloir y limiter votre "marché"?

    • Mathieu Bouchard - Abonné 25 janvier 2013 10 h 56

      Au test de compréhension de texte PISA 2009 de l'OCDE, le Québec arrive en 6è position sur 66. Ce classement inclut 62 pays (surtout des pays développés) plus 3 régions de Chine, et j'ai séparé le Québec du reste du Canada pour cet exercice (le reste du Canada arrive en 5è place).

      Le test en question se fait dans la langue officielle enseignée à chaque élève de 15 ans (secondaire 3 ou 4) sondé dans ce test, et cette langue est encore le français dans les écoles francophones du Québec.

      J'ai calculé ces positions en lisant un rapport modifié dans lequel on avait pris le classement officiel de 65 items et on y avait inséré les 10 provinces canadiennes séparément. J'ai regroupé les 9 autres provinces pour trouver leur position de groupe.