Une journée mondiale pour réfléchir sur... la majuscule

Blague de geek, l'International Caps Lock Day a été imaginé de manière ludique par un programmeur informatique américain du nom de Dereck Arnold il y a 14 ans pour souligner la mesquinerie des Occidentaux qui ont donné vie sur les claviers à une touche inutile puisque «la majorité du monde écrit en lettres scripts, registre dans lequel le concept d'écriture en lettres capitales n'existe pas».

L'aberration est perceptible, particulièrement lorsqu'un petit doigt, un geste nerveux ou une étourderie active cette touche marquée d'un petit voyant lumineux, à des moments jamais appropriés. Cette touche de vérouillage du «haut de casse», comme on dit dans le monde de l'imprimerie, a aussi fait apparaitre une recommandation importante en matière de «nétiquette», ces règles informelles, mais nécessaires qui encadrent la politesse et le vivre ensemble dans les univers numériques: écrire, dans un courriel, un texte, un tweet, une entrée de blogue, sur une page Facebook, tout en lettres majuscules — avec la complicité sournoise de cette touche — est une pratique à bannir puisqu'elle exprime la colère et s'apparente au fait de hurler dans les univers plus vocaux.

«Écrire tout en lettres capitales sur Internet est considéré comme un geste grossier, brusque et insolent», explique la règle. Pourquoi? «Parce que cela est très difficile à lire et fait apparaître le texte comme étant alors très agressif». COMPRIS!

Du coup, tous les 22 octobre, croit Arnold, l'humanité toute entière gagnerait à prendre conscience de l'incroyable absurdité induite par ce petit rectangle blanc — ou gris ou jaune ou taché de café, selon les environnements de travail —, le temps d'une journée international. L'événement s'inscrit d'ailleurs très bien, souligne The Atlantic, dans une série d'autres commémorations qui dégagent le même petit parfum d'espièglerie: la Journée internationale de la ponctuation et la Journée internationale du langage de pirate. Charmant.


À voir en vidéo